Thèse soutenue

Restauration d’une spermatogenèse fonctionnelle chez des souris infertiles par thérapie in vivo

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Auteur / Autrice : Charline Vilpreux
Direction : Christophe Arnoult
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biologie du développement oncogenèse
Date : Soutenance le 16/10/2023
Etablissement(s) : Université Grenoble Alpes
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale chimie et science du vivant (Grenoble ; 199.-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut pour l'avancée des biosciences (Grenoble, Isère, France ; 2016-....)
Jury : Président / Présidente : François Vialard
Examinateurs / Examinatrices : Christophe Arnoult, Virginie Faure, Pascale Lybaert, Bernard Verrier
Rapporteurs / Rapporteuses : François Vialard, Chantal Pichon

Résumé

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Avec 7% des hommes considérés comme stériles dans le monde, l’infertilité estdevenue un problème de santé publique. Parmi les hommes infertiles, 9% d’entre euxsouffrent d’une absence totale de spermatozoïde dans leur éjaculat. La spermatogenèse est un processus physiologique complexe impliquant l’expression de milliers de gènes. De ce fait, l’absence de spermatozoïde peut être due à un défaut monogénique entrainant la disparition de la protéine correspondante ou la production d’une protéine défaillante. Malgré les techniques d’assistance médicale à la procréation, ces patients sont dans une impasse thérapeutique. En effet, ces approches nécessitent la présence de spermatozoïdes. L’objectif de cette thèse est de développer une nouvelle solution thérapeutique pour traiter l’infertilité masculine due à un défaut monogénique. L’approche proposée consiste à effectuer un sauvetage temporaire de la production de la protéine manquante. Le principe repose sur la délivrance, dans les cellules germinales, de l’ARNm de la protéine manquante ou d’un plasmide non intégratif nommé « Enhanced Episomes Vector » (EEV) contenant la séquence d’ADN codante pour la protéine d’intérêt.La première partie de la thèse a consisté à comparer la durée de l’expression deprotéines rapportrices via l’injection et l’électroporation in vivo d’ARNm ou de plasmide EEV. Pour la première fois, des expériences d’imagerie in vivo ont montré que l’expressionprotéique induite par l’ARNm débute dès 1 jour et perdure jusqu’à 21 jours post-chirurgie. Il a également été observé, grâce à l’analyse microscopique de testicules entiers transparisés, que les cellules exprimant les protéines rapportrices étaient des cellules germinales dont des spermatozoïdes. Concernant l’injection d’EEV, l’expression protéique a été visible dès 1 jour et jusqu’à 112 jours post-chirurgie. Néanmoins, les cellules testiculaires exprimant les protéines rapportrices après 7 jours étaient uniquement des cellules de Sertoli.La seconde partie de la thèse a consisté à restaurer une spermatogenèse fonctionnelledans un modèle murin infertile via l’injection et l’électroporation d’ARNm ou de plasmide non intégratif EEV. Les souris utilisées présentent une asthéno-tératozoospermie induite par l’absence de la protéine ARMC2. L’injection et l’électroporation in vivo d’EEV-Armc2, n’a pas permis de restaurer la mobilité des spermatozoïdes contrairement à l’injection d’ARNm-Armc2. En effet, des spermatozoïdes épididymaires mobiles ont été observés 3 et 5 semaines post-chirurgie chez les souris Armc2 KO injectées avec l’ARNm.Pour la première fois, les résultats présentés dans cette thèse mettent en évidence quel’approche alliant l’injection d’ARNm et l’électroporation in vivo est une solution prometteuse pour lutter contre l’infertilité masculine.Mots clés : spermatozoïdes, infertilité, thérapie protéique, ARNm, EEV, micro-injection in vivo et électroporation, asthéno-térozoospermie, ARMC2