Thèse soutenue

Approches narratologiques de la musique des jeux de rôles japonais Final Fantasy

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Auteur / Autrice : Kevin Courcelle
Direction : Martin Laliberté
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Arts
Date : Soutenance le 20/06/2022
Etablissement(s) : Université Gustave Eiffel
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Cultures et Sociétés (Créteil ; 2010-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherche Littératures, savoirs et arts (Champs-sur-Marne, Seine-et-Marne) - Centre de recherche Littératures, savoirs et arts (Champs-sur-Marne, Seine-et-Marne)
Jury : Président / Présidente : Isabel Maria Antunes Pires
Examinateurs / Examinatrices : Martin Laliberté, Cécile Carayol, Kevin Dahan
Rapporteurs / Rapporteuses : Cécile Carayol
DOI : 10.70675/66c2ed74za6dez4325za15fze0dad3c82259

Résumé

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Cette thèse s'intéresse au rôle de la musique, composée par Nobuo Uematsu, dans la série de jeux vidéo japonais Final Fantasy. A travers les dix premiers jeux principaux de la série, sortis sur les consoles de Nintendo et de Sony, la NES, la SNES et les deux Playstation entre 1987 et 2001, la musique sera confrontée à son rôle narratif pour installer et accompagner le joueur dans le processus de ludus cher au genre du J-RPG. Les différentes technologies à disposition du compositeur imposent des contraintes de composition dont Uematsu a réussi à s’affranchir pour construire un discours cohérent tout au long de la saga. La particularité structurelle de ces jeux fait qu’ils se déroulent chacun dans un univers unique, sans aucun rapport direct avec les précédents ou les suivants. Chacun de ces jeux déroulent une intrigue basée sur une cosmogonie similaire, mais dont les enjeux restent cependant différents. Malgré tout, nous avons pu isoler des thèmes, motifs et leitmotive qui, bien qu’habillant des scènes d’un univers singulier, communiquent d’un jeu à l’autre. Cette communication entre éléments sémantiques de la musique pousse à croire que chaque jeu est la réinvention d’un mythe auquel prend part le joueur à travers ses différentes itérations. En confrontant l’association des thèmes, des structures et de l’instrumentation aux théories narratologiques du récit de Gérard Genette, nous avons également mis en avant une communication sémantique de la musique au sein même d’un jeu : certains motifs ou thèmes jouent un rôle analeptique ou proleptique, selon les définitions de Genette, qui permet au joueur de comprendre plus que le jeu ne lui propose. Avec une telle analyse, il est ainsi possible de voir, dans une musique jouée en début de jeu, des éléments musicaux indiquant une révélation scénaristique à venir et dont le joueur n’a, lors de son premier parcours du jeu, pas conscience. Ce « non-dit », à l’écran, mais mis en avant dans l’accompagnement musical, permet de renforcer le lore des jeux et d’inscrire la musique des jeux Final Fantasy dans une démarche narrative travaillée, pertinente, et qui justifie, en quelque sorte, le retentissement international de ces musiques de jeu vidéo. La principale caractéristique des jeux vidéo -jouer selon un rythme voulu et temporellement flexible- impose un décalage entre action et accompagnement musical. La musique entendue n’est donc jamais réellement synchronisée avec l’action à l’écran. Après avoir dégagé ces différentes mécaniques de communication motiviques, nous avons théorisé un principe d’habillage sonore narratif agissant sur l’instant à l’aide d’une intelligence artificielle. De ce fait, la musique pourrait accompagner le joueur en faisant entendre des éléments pertinents au moment même où l’action est déclarée, faisant fi du décalage temporel entre temps du jeu, temps du joueur et musique