Thèse soutenue

Bases médico-administratives : de l'épidémiologie à la pharmacovigilance

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Aurélie Bannay
Direction : Nicolas JayFrançois Alla
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences de la Vie et de la Santé
Date : Soutenance le 05/11/2021
Etablissement(s) : Université de Lorraine
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale BioSE - Biologie, Santé, Environnement
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications
Jury : Président / Présidente : Catherine Duclos Cartolano
Examinateurs / Examinatrices : Nicolas Jay, François Alla, Rodolphe Thiébaut, Leslie Grammatico-Guillon, Marc Cuggia, Ndeye Coumba Ndiaye
Rapporteurs / Rapporteuses : Rodolphe Thiébaut, Leslie Grammatico-Guillon

Résumé

FR  |  
EN

La disponibilité et le volume des données issues de bases médico-administratives (BMA) en font un outil de plus en plus utilisé en recherche. Cependant, la nature et la finalité financière de ces données rendent nécessaire une adaptation des méthodes d’épidémiologie classique. En effet, la réutilisation de ces données a soulevé des objections qu’il convient de prendre en compte. L’objectif de cette thèse était de montrer quel pouvait être l’apport des données issues de BMA en épidémiologie et en pharmacovigilance.Dans une première partie introductive sur les BMA, nous nous sommes attachés à en rechercher une définition, à illustrer leur périmètre, au travers d’exemples internationaux, et, à décrire le contenu des bases disponibles en France : les données hospitalières (Programme de médicalisation des systèmes d’information, PMSI) et les données de remboursement extra-hospitalières (datamart de consommation inter-régime, DCIR). Dans une deuxième partie, nous avons présenté des travaux méthodologiques prenant en compte les spécificités des données issues des BMA : la définition et l’évaluation d’un score pronostique (score de comorbidités de Charlson) calculé à partir des données disponibles dans les BMA, la gestion des données absentes des BMA. Deux approches ont été explorées : i) le développement d’un proxy appliqué à la notion d’hospitalisation programmée, ii) l’enrichissement de données de BMA par un appariement à des données issues d’un entrepôt de données hospitalières. Dans une troisième partie, nous avons illustré, au travers de cas d’usage, l’intérêt des données médico-administratives en épidémiologie et en pharmacovigilance : une fenêtre d’exposition étendue (recueil de comorbidités maternelles dans les 6 ans précédant une grossesse), un recrutement quasi-exhaustif en particulier dans le cadre de pathologies rares (sujets atteints de MICI et d’un syndrome coronarien), l’accélération du recrutement de sujets et du recueil de données (sujets atteints de COVID-19 pris en charge en réanimation) notamment en situation de crise sanitaire.Nous avons ensuite discuté les limites qui subsistent dans la réutilisation de ces données : leur volumétrie qui peut conduire à une situation de surpuissance statistique, leurs délais d’accès réglementaire et technique, l’investissement nécessaire à la compréhension de ces données, incomplètement mesuré par les utilisateurs de ces données qui n’en sont pas forcément les producteurs.En conclusion, nos travaux ont fait ressortir l’intérêt de la réutilisation des données issues de bases médico-administratives en recherche tout en soulignant les écueils qui pouvaient en résulter. L’intégration et la réutilisation de données multisources en santé permettrait de pallier un certain nombre de ces difficultés.