Pierre Bergounioux. Les possibilités du sens
| Auteur / Autrice : | Olivia Scélo |
| Direction : | Jérôme Roger |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Littératures française, francophones et comparée |
| Date : | Soutenance le 07/05/2021 |
| Etablissement(s) : | Bordeaux 3 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Montaigne-Humanités (Pessac, Gironde ; 2007-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Textes, littératures, écritures et modèles (Pessac, Gironde ; 2007-2021) |
| Jury : | Président / Présidente : Guy Larroux |
| Examinateurs / Examinatrices : Jérôme Roger, Laurent Demanze, Chantal Lapeyre-Desmaison, Jean-Yves Laurichesse | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Guy Larroux, Laurent Demanze | |
| DOI : | 10.70675/6af879eazcd54z4440zbc65z88391b3781a6 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
La lecture de l’œuvre de Pierre Bergounioux permet de s’interroger sur la fonction agissante de la littérature, de la considérer comme un mode d’appréhension de l’être, un outil privilégié de connaissance. Pour l’écrivain né à Brive, en 1949, la construction d’un ethos de « provincial de la pire espèce » place au premier plan l’empreinte subjective de sa détermination géographique, historique et sociale. Le sentiment de disgrâce et d’abandon lié à la terre des origines, sa relégation historique, entretenue par le fonctionnement inégalitaire de la société, nourrit une dissidence profonde. Pierre Bergounioux s’affiche comme le témoin privilégié d’un tournant décisif de notre civilisation, d’une rupture d’autant plus nette qu’elle a périmé d’un seul coup des manières de sentir, de penser et d’agir inscrites dans la durée immobile des sociétés rurales traditionnelles. Dans ces conditions, le rôle accordé à la littérature est d’examiner notre condition d’homme, ses déterminismes et de porter à sa plus haute expression le sens d’une époque. L’entreprise littéraire de Bergounioux est caractérisée par la recherche méthodique, rationnelle, de sens et par une démarche phénoménologique qui vise à retrouver « le monde effectivement éprouvé » pour faire exister un double de papier qui serait l’image explicite du monde. Cette entreprise est unique dans le paysage contemporain dans la façon dont elle décloisonne les différentes disciplines des sciences humaines (philosophie, anthropologie, sociologie…) et des sciences pures (géologie, physique) pour faire de la littérature une science de l’homme dont le privilège serait la place accordée au facteur subjectif, à l’expérience vécue. Elle n’est donc pas une affaire de mots mais le résultat d’une posture sociocritique, d’une vision du monde qui permet de s’affronter au réel, de le mettre en doute et d’en apporter une version plus satisfaisante. Cette nouvelle version explore les évènements passés, laissés en suspens ; elle laisse aussi une place aux « univers préférables » et à l’art, aux choses cachées, car la connaissance du monde excède l’empan du savoir humain.