Thèse soutenue

«On serait habitués on le ferait comme tout le monde» : les dimensions sociolangagières de l’ambivalence des dispositifs scolaires destinés aux jeunes voyageurs

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Auteur / Autrice : Erell Latimier
Direction : Cécile Canut
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences du langage - linguistique. Terminologie, analyse du discours
Date : Soutenance le 04/12/2020
Etablissement(s) : Université Paris Cité
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences du langage (Paris ; 2019-2025)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherches sur les liens sociaux (Paris ; 2002-....)
Jury : Président / Présidente : Alexandre Duchêne
Examinateurs / Examinatrices : Monica Heller, Swanie Potot
Rapporteurs / Rapporteuses : Alexandre Duchêne, Claudine Moïse
DOI : 10.70675/1d2403a3z3835z4bf2z9105z8519485ade08

Mots clés

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Résumé

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Ce travail part de l’observation d’une rupture de la scolarité entre le CM2 et le collège des jeunes Voyageurs. Il se propose d’une part, d’étudier comment l’Éducation nationale fournit une explication culturaliste à des problèmes pédagogiques et d’autre part, d’observer les effets, parfois inattendus, produits par de tels discours sur les Élèves voyageurs. En faisant dialoguer les approches de la sociolinguistique critique et de la sociolinguistique politique, cette thèse cherche à faire apparaitre les dimensions sociolangagières des dispositifs scolaires destinés aux jeunes Voyageurs dans toute leur ambivalence politique. Au cours d’une ethnographie de trois ans, trois corpus ont été constitués : une sélection de textes institutionnels, des transcriptions d’interactions avec des agents de l’Éducation nationale et des transcriptions issues de situations d’interactions avec les élèves en classe CNED-EFIV (dispositif spécifique scolaire pour les jeunes Voyageurs après le CM2). L’analyse de ces corpus fait apparaitre les processus langagiers et institutionnels qui construisent l’exclusion scolaire des jeunes Voyageurs et les positions subjectives que ces derniers adoptent au sein de la classe. La première partie présente une réflexion théorique sociolinguistique, articulant la notion sociopolitique de dispositif aux théories de la reproduction et de l’émancipation dans le cadre scolaire. Dans une deuxième partie, les contextualisations historiques du statut Gens du voyage, de l’école et de l’échec scolaire ainsi que des enjeux de la notion d’illettrisme en lien avec les Gens du voyage, montrent les mécanismes de catégorisation, hors et dans l’école,d’une partie de la population française. La troisième partie décrit, à partir de discours essentialisants produits par différents professionnels de l’Éducation nationale, l’organisation des processus d’altérisation des jeunes Voyageurs. Enfin, la dernière partie de la thèse s’attache à décrire, à partir de l’analyse des positionnements réflexifs des élèves, l’ambivalence des dispositifs pris dans une tension entre un processus de décapitalisation et d’émancipation au sens ranciérien du terme. En effet, si le dispositif exclu les jeunes du système scolaire ordinaire, il permet également un renversement du rapport inégalitaire classique du sachant à l’ignorant, du maitre à l’élève.