L’entreprenariat au Burkina Faso : analyse économique des choix occupationnels sur le marché du travail et de l'intention d'entreprendre des étudiants

par Arthur Félix Wendkuuni Sawadogo

Thèse de doctorat en Économie

Sous la direction de Jean-François Giret et de Jean-François Kobiané.

Le président du jury était Sandrine Mesplé-Somps.

Le jury était composé de Jean-François Giret, Jean-François Kobiané, Pam Zahonogo, Jean-Pascal Guironnet.

Les rapporteurs étaient Pam Zahonogo, Jean-Pascal Guironnet.


  • Résumé

    La perception dominante de l’entrepreneuriat, notamment dans les pays développés, est celle d’une activité risquée, dynamique et entreprise volontairement par une certaine catégorie d’individus – des « superstars » - afin de bénéficier d’opportunités de gains et une influence sociale plus importante. Cependant, ce point de vue dynamique de l’entrepreneuriat contraste avec celui généralement présenté dans les pays en développement où l’emploi indépendant est en grande partie exercé dans le secteur informel ; un segment considéré « précaire » du marché du travail et permettant uniquement à l’individu d’échapper au chômage. Néanmoins de plus en plus d’études, en Afrique et davantage en Amérique Latine, montrent que ce segment est désirable et susceptible de procurer à certains individus, notamment aux entrepreneurs, des revenus plus compétitifs que ceux travaillant dans la sphère formelle.De ce fait, la première partie de cette thèse s’intéresse à l’entrée des individus dans l’entrepreneuriat au Burkina Faso, notamment dans le secteur informel. Ce choix est-il rationnel et motivé par les opportunités de gains et/ou plutôt contrainte par l’absence d’opportunité d’emploi ? Cette partie questionne aussi les motivations d’entrée dans l’entrepreneuriat selon le genre. Pour répondre à ces interrogations, nous avons utilisé les données de l’Enquête Nationale sur le Secteur Informel collectées en 2015 auprès des ménages, au Burkina Faso. Nous avons analysé les écarts de gains entre les différents segments d’emplois et examiné les déterminants du choix de l’entrepreneuriat par le biais de modèles structurels. Dans un premier temps, l’analyse sur l’ensemble de la population active occupée montre que les salariés disposent en moyenne de revenus plus élevés que les entrepreneurs. Elle montre également que le choix du statut d’entrepreneur est principalement fondé sur le différentiel de gains escompté, soutenant ainsi le principe de l’avantage comparatif décrit dans les modèles d’auto-sélection. Cependant, en tenant compte de l’hétérogénéité des statuts d’emplois (formel et informel) nous remarquons que les emplois informels sont en moyenne moins rémunérateurs que les emplois formels, et que l’écart de gains escompté a, cette fois-ci, un impact négatif et significatif sur la probabilité d’entreprendre de manière informelle. Par ailleurs, le risque d’être au chômage constitue un élément déterminant du choix de ce statut d’emploi. Ces résultats, observés chez les hommes comme chez les femmes, indiquent que le marché du travail dans les pays en développement est segmenté et que l’entrée dans l’entrepreneuriat informel est particulièrement contrainte.Les résultats de cette partie nous ont ensuite conduit à nous interroger, dans une deuxième partie de la thèse, sur le projet professionnel des individus qui n’étaient pas encore entrés sur le marché du travail. A partir de données collectées auprès des étudiants des Universités Ouaga 1 et Ouaga 2, nous avons cherché à comprendre quels pourraient être les facteurs susceptibles de favoriser ou d’inhiber leur projet de création. Nous avons ainsi analysé les déterminants de l’intention entrepreneuriale à travers différentes méthodes d’estimations. Les résultats de nos analyses montrent que l’aspiration entrepreneuriale des étudiants est fondée sur l’espérance de gains mais également sur des attentes non pécuniaires, en particulier le besoin d’indépendance/d’autonomie. Nous remarquons que ce sont les individus disposant d’un stock de capital humain plus étendu – les jack off all trades – qui sont plus susceptibles de proclamer leur projet de création, et non ceux qui étaient à un stade avancé dans leurs études. Nous constatons également que ce sont les individus qui ont une plus grande maitrise en compétences managériales et spécifiques, et qui ont bénéficié d’un enseignement spécifique à l’entrepreneuriat qui sont davantage susceptibles de vouloir créer une entreprise.

  • Titre traduit

    Entrepreneurship in Burkina Faso : An Economic Analysis of Occupational Choices in the Labor Market and Student Entrepreneurial Intentions


  • Résumé

    The dominant view of entrepreneurship, particularly in developed countries, is a risky, dynamic activity undertaken voluntarily by a certain category of individuals - " so-called superstars" - in order to benefit more earning opportunities and greater social influence. However, this dynamic view of entrepreneurship contrasts with what is generally described in developing countries, where self-employment is largely conducted in the informal sector; a segment of the labor market that is considered "precarious" and only allows the individual to escape unemployment. Nevertheless, a number of studies, in Africa and more so in Latin America, show that this segment is desirable and likely to provide some individuals, especially entrepreneurs, with more competitive incomes than those working in the formal economy.Therefore, the first part of this thesis focuses on individuals' entry into entrepreneurship in Burkina Faso, particularly in the informal sector. Is this choice rational and motivated by earnings opportunities and/or rather constrained by the lack of employment opportunities? This section also questions the motivations for entering entrepreneurship with regard to gender. To answer these questions, we used data from the National Informal Sector Survey collected in 2015 from households in Burkina Faso. We analyzed the earnings gaps between different job segments and examined the determinants of entrepreneurship choice through structural models. First, the analysis of the entire employed labor force shows that wage earners on average have higher incomes than entrepreneurs. It also shows that the choice of entrepreneurial status is mainly based on the expected earnings differential, thus supporting the principle of comparative advantage described in self-selection models. However, taking into account the heterogeneity of job statuses (formal and informal), we find that informal jobs pay less on average than formal jobs, and the expected earnings differential has, at least this time, a negative and significant impact on the probability of starting an informal business. Moreover, the risk of being unemployed is a key determinant of the choice of this employment status. These results, observed for both men and women, indicate that the labor market in developing countries is segmented and that entry into informal entrepreneurship is particularly constrained.The results of this part then led us to question, in a second part of the thesis, the professional project of individuals who had not yet entered the labour market. Based on data collected from students at the Universities of Ouaga 1 and Ouaga 2, we sought to understand what factors might be likely to promote or inhibit their entrepreneurial intentions. We thus analyzed the determinants of entrepreneurial intention through different estimation methods. The results of our analyses show that students' entrepreneurial aspiration is based on earnings expectations but also on non-monetary expectations, in particular the need for independence/autonomy. We note that it is individuals with a larger stock of human capital - so-called "jack off all trades" - who are more likely to proclaim their entrepreneurial plans, and not those who were at an advanced stage in their studies. We also find that it is individuals with greater mastery of managerial and specific skills, and who have received specific entrepreneurship education, who are more likely to want to start a business.


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Informations

  • Sous le titre : L'entreprenariat au Burkina Faso : analyse économique des choix occupationnels sur le marché du travail et de l'intention d'entreprendre des étudiants
  • Détails : 1 vol. (382 p.)
  • Notes : Thèse soutenue en co-tutelle.
  • Annexes : Bibliographie p. 344-373
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