Conséquences de l'autogamie sur le potentiel évolutif des populations ˸ approches empirique, expérimentale et théorique
| Auteur / Autrice : | Josselin Clo |
| Direction : | Joëlle Ronfort, Laurène Gay |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences de l'évolution et de la Biodiversité |
| Date : | Soutenance le 07/12/2020 |
| Etablissement(s) : | Institut Agro |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École Doctorale GAIA Biodiversité, agriculture, alimentation, environnement, terre, eau (Montpellier ; 2015-...) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Amélioration Génétique et Adaptation des Plantes/UMR AGAP Montpellier |
| École d’inscription : L'Institut Agro Montpellier (2020-....) | |
| Jury : | Président / Présidente : Mathilde Dufaÿ |
| Examinateurs / Examinatrices : Joëlle Ronfort, Laurène Gay, Mathilde Dufaÿ, Ruth Shaw, Thomas Bataillon, Yvonne Willi | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Ruth Shaw, Thomas Bataillon |
Mots clés
Résumé
L'autofécondation est souvent décrite comme un cul-de-sac évolutif. Du fait de leurs tailles efficaces plus petites, augmentant la force de la dérive, une purge plus efficace des mutations délétères, et des associations génétiques prédominantes, les populations autogames sont supposées avoir moins de diversité génétique, limitant ainsi leur potentiel évolutif. Néanmoins, peu de données empiriques supportent ces attendus théoriques, et la dynamique des populations autogames et leur potentiel adaptatif restent mal compris. L'objectif de ma thèse est de mieux comprendre la dynamique évolutive des populations d'espèces autogames et notamment le rôle potentiel de l'allogamie résiduelle dans cette dynamique et la réponse adaptative des populations aux contraintes environnementales. Pour y parvenir, je combine des approches théoriques et empiriques, en utilisant l'espèce préférentiellement autogame Medicago truncatula. Dans un premier temps, j'ai montré, via une méta-analyse à l'échelle des angiospermes, que si les populations autogames pouvaient avoir moins de variance génétique additive que les populations plus allofécondantes, le système de reproduction n'explique que très partiellement le niveau de diversité au sein des populations. Dans un deuxième temps, j'ai utilisé la modélisation afin de montrer que même si le niveau de variance génétique des populations autogames était inférieur, la remobilisation par allogamie résiduelle de la variance génétique stockée dans les associations entre gènes permet un niveau d'adaptation similaire à celui des populations allogames. J'ai ensuite montré que la différentiation génétique accumulée entre lignées autogames aux échelles intra- et inter-populationnelles, est en moyenne délétère lors d'évènements d'hybridation. Ceci est dû à un effet négatif de la dominance, mais ce mécanisme d'isolement n'est pas un frein à la potentiel remobilisation de la variance cachée chez Medicago truncatula. Finalement, j'ai montré que rendre plus réalistes les modèles théoriques de traits quantitatifs sous sélection stabilisante en introduisant de la dominance directionnelle à l'échelle phénotypique permet de réconcilier la théorie avec l'observation d'un faible effet du système de reproduction sur le potentiel évolutif des populations.