L’indiscrétion du rococo : épier, découvrir, surprendre dans la première moitié du XVIIIe siècle français

par Floriane Daguisé

Thèse de doctorat en Littérature et civilisation française

Sous la direction de Christophe Martin.

Soutenue le 22-11-2019

à Sorbonne université , dans le cadre de École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris) , en partenariat avec CELLF (laboratoire) .

Le président du jury était Pierre Frantz.

Le jury était composé de Guillaume Faroult, Jean-Christophe Abramovici.

Les rapporteurs étaient Aurélia Gaillard, Christelle Bahier-Porte.


  • Résumé

    Cette étude a pour objet la présence, récurrente et diversifiée, d’un témoin voyant sans être vu ou écoutant sans être écouté dans les fictions littéraires et visuelles de la première moitié du XVIIIe siècle. Situation conditionnée par la non-visibilité et la marginalité, l’indiscrétion modèle une relation asymétrique entre un personnage caché, dans l’ombre, et l’objet de sa perception, mis en lumière. La reprise de motifs topiques (mari cocu, belle endormie ou au bain) n’épuise pas la richesse du phénomène ; son importance numérique, dramatique et symbolique invite à en mesurer l’intérêt, la valeur, la portée. De Fontenelle à Rousseau, de Watteau à Hubert Robert, l’indiscrétion dessine un réseau de préoccupations contemporaines. Le décentrement, la transgression et le dévoilement induits par la présence indiscrète témoignent de perspectives complémentaires qui entrent en résonance avec l’esthétique « rococo », faisceau de tendances dont le détour est l’une des modalités prépondérantes. L’indiscrétion relève d’un infléchissement déterminant des traditions poétiques et esthétiques ; elle interroge des frontières en configuration, celles des sphères privée et publique, celles isolant et densifiant l’intimité ; elle manifeste enfin une conception épistémologique de la découverte, fonction d’une curiosité ambivalente. Par cette mise en scène de l’accès aux événements et aux discours, c’est en définitive une réflexion sur le point de vue spectatorial, fictif et réel, qui est proposée au récepteur ultime, moins dédoublé par l’indiscret qu’invité à un redoublement et un renouvellement d’attention.

  • Titre traduit

    The Indiscretion of Rococo : Spying, discovering, overhearing in the first half of the French 18th century


  • Résumé

    The focus of this study is the recurring and diversified presence, within literary and visual fictions of the first half of the 18th century, of an onlooker who sees without being seen or listens without being listened to. A situation conditioned by non-visibility and marginality, indiscretion models an asymmetrical relationship between a hidden character, in the shadows, and the object of their perception, brought to light. The reuse of topical motifs –cuckold husband, sleeping or bathing beauty – does not exhaust the richness of the phenomenon; its numerical, dramatic and symbolic importance is an invitation to measure its interest, value and scope. From Fontenelle to Rousseau, from Watteau to Hubert Robert, the indiscretion outlines a network of contemporary concerns. The decentering, transgression and unveiling induced by the indiscreet presence are testament to complementary perspectives that resonate with “Rococo” aesthetics, a cluster of trends within which detours constitute one of the most important modalities. Indiscretion falls within a decisive shift in poetic and aesthetic traditions; it questions boundaries being configured, those of the private and public spheres, those isolating and densifying privacy; it finally manifests an epistemological conception of discovery, a function of an ambivalent curiosity. Through this staging of access to events and speeches, it is ultimately a reflection on the spectatorial point of view – fictional and real – which is proposed to the ultimate receiver, less duplicated by the indiscreet than invited to a repetition and a renewal of attention.

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