Bitlis : évolution socio-politique d'une province ottomane (1908-1914)

par Sedat Ulugana

Thèse de doctorat en Etudes politiques

Sous la direction de Hamit Bozarslan.

Le président du jury était Marie Ladier-Fouladi.

Le jury était composé de Marie Ladier-Fouladi, Salih Akin, Raymond Haroutiun Kévorkian, Yavuz Aykan, Joyce Blau.

Les rapporteurs étaient Salih Akin, Raymond Haroutiun Kévorkian.


  • Résumé

    Bitlis (« Paghesh » en arménien) est aujourd’hui le nom d’une ville reculée des montagnes de Turquie. Ce fut néanmoins celui d’un important centre politique et administratif. L’aventure de l’émirat de Bitlis commence au début du XIIIème siècle avec la famille Şeref han. Elle prendra fin avec la réforme des Tanzimat au milieu du XIXème siècle, à la suite d’une série de guerres ottomanes sanglantes et de querelles politiques avec les états séfévides et les émirats kurdes voisins. Les frontières administratives de l’émirat, qui porte le nom de la ville de Bitlis, comprennent les vastes territoires de Siirt, Bingöl, Muş et du bassin nord du lac de Van. La ville de Bitlis abrite de nombreuses communautés ethniques et religieuses. Elle se trouve sur la voie stratégique de la route de la soie et relie les plaines de Diyarbekir-Cizre aux hautes montagnes du Kurdistan ainsi que le plateau anatolien à l’Iran et au Caucase. Elle perdra son capital économique, obtenu grâce à sa position stratégique, ainsi que son autonomie, pour devenir une ville de montagne ordinaire. Après les années 1870, elle devient un eyalet ottoman classique. Au sein du vilayet de Bitlis, récemment fondé, les cheikhs cherchent à renforcer l’autorité du sultan ottoman Abdülhamid, adhèrent à la doctrine khalidie des naqshbandîs et la diffuse, tandis que les missionnaires souhaitent réformer le Christianisme oriental. Ils se présentent à tour de rôle les protecteurs des Kurdes sunnites ou des Arméniens, et partagent avec le sultan l’autorité sur le vilayet. Le vilayet de Bitlis, ce Kurdistan miniature, repose sur une diversité de pouvoirs ethniques, religieux et sociaux, et vit en parallèle des transformations politiques, sociales et économiques. En 1908, alors que le vilayet entre dans la période Jeunes-Turcs, aucune autorité ne souhaite renoncer à sa position. A la fin de la période, le régime Jeunes-Turcs a néanmoins remplacé le régime hamidien tandis que la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA – Dachnak) a destitué les missionnaires. Seuls les cheikhs constituent une force encore en place. Cette thèse revient sur l’époque Jeunes-Turcs au sein du vilayet de Bitlis, dans lequel l’État, les cheikhs khalidis, les chefs tribaux et les Bedirhan tentent d’imposer leur domination. Elle se divise en trois chapitres : « violence », « révolution » et « révolte ».

  • Titre traduit

    Bitlis : socio-political evolution of an Ottoman province (1908-1914)


  • Résumé

    Bitlis, also known by the Armenian name «Paghesh», is located in a remote mountain town in today’s Turkey, but throughout history it was the name of an important political and administrative centre. Beginning in the early 1200s, with the Sheref khan dynasty, the Bitlis Emirate ended in the mid-1800s after a series of bloody wars and political issues with the Ottomans, the Safavids states and the neighbouring Kurdish emirates. With Bitlis at the center of the emirate, the administrative boundaries included a wide geographic area including the southern of Siirt, Bingöl, Muş and Van Lake. The city of Bitlis was home to more than one ethnic and religious communities was located on the plains of Diyarbekir-Cizre to Kurdistan’s highest mountains and the Anatolian Plateau to Iran and connecting the Caucasus with the strategic Silk Route.After the strategic position of this economic gain was confiscated and (self-) autonomous structure was abolished, Bitlis was then an ordinary mountain town and was transferred into a classic Ottoman vilayet in the late 1870s. In the newly established vilayet, the Ottoman Sultan Abdulhamit was trying to consolidate his authority while the missionaries who adopted the doctrine of Halidi (Nakshibendi) and attempted to spread this doctrine as well as the missionaries who aimed to reverse the Eastern Christianity emerged as the protector of the Sunni Kurds and also as the patron of the Armenians and split the authority in the vilayet with the Sultan. On the grounds of the diversity of ethnic, religious and social and political power, no authority renounced its role until in 1908, whenthe Young Turk entered the period. With its political, social and economic transformations the Vilayet of Bitlis was a miniature of Kurdistan. As the matter of fact, the Young Turk Regime replaced Abdulhamit while the missionaries were replaced by the Armenian Revolutionary Federation (ARF) and the Sheikhs the only group which had not lost its power. In this dissertation the situation of theVilayet of Bitlis which tries to exist in the quadrant of the state, the Halidi Sheikhs, tribal leaders and the Bedirhan’s, is being described in three chapters with the title « violence », «revolution» and rebellion» during the Young Turk regime.


  • Pas de résumé disponible.



Le texte intégral de cette thèse sera accessible librement à partir du 16-07-2030


Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : École des hautes études en sciences sociales. Thèses.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.