Les visages de Mercure : commerce, alchimie, éloquence et arts d'imitation à l'époque moderne

par Nikola Mihaylov Piperkov

Thèse de doctorat en Histoire de l'art

Sous la direction de Colette Nativel.

Soutenue le 07-07-2018

à Paris 1 , dans le cadre de École doctorale Histoire de l'art (Paris) , en partenariat avec Histoire culturelle et sociale de l'art (Paris ; 2006) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Guillaume Cassegrain.

Le jury était composé de Colette Nativel, Philippe Morel, Sophie Raux.

Les rapporteurs étaient Françoise Graziani.


  • Résumé

    Depuis la traduction latine du Pi mander en 14 71, l'image de Mercure connaît une explosion iconographique dans toute l'Europe Occidentale et bénéficie d'une place privilégiée dans l'imaginaire moderne. Considéré comme un médiateur entre l'homme et Dieu, comme le premier théologien de l'humanité et comme l'inventeur de l'écriture sacrée (les hiéroglyphes), Hermès Trismégiste devient l'épicentre d'une égyptomanie qui transporte l'artiste, le prince et l'humaniste dans la terre des aegyptorum mysteria censés révéler les secrets de l'immortalité. La réception moderne de Mercure, particulièrement forte au XVIe et au XVIIe siècle à Florence, à Prague, à Munich, à Paris, à Lyon, à Anvers, à Haarlem et à Amsterdam, est caractérisée par la profonde transformation de la divinité gréco-romaine de la parole en personnification de realia modernes. Ainsi, Thot Agricide sert d'explication historique à l'origine du texte, de l'image et de l'allégorie. Hermathéna, emblème de Cicéron, devient l'emblème de l'académie et du peintre savant. Hermapollon, père de la poésie, exprime l'harmonie et la poièsis modernes. Le Psychopompe, inventeur de l'alchimie, est identifié comme la source de la transmutation élémentaire, de la physique et de la chimie. Dans l'Europe du Nord, Mercure est, de même, exploité comme emblème politique qui, au moment de l'institution des archéologies nationales, exprime une volonté d'émancipation de la culture italienne. En France et dans le Saint-Empire, Mercure Gaulois et Theutatès sont naturellement intégrés à la représentation du pouvoir. En Flandre et aux Pays-Bas, le dieu du commerce sert d'image aux premières lueurs du capitalisme et du libéralisme.

  • Titre traduit

    The Faces of Mercury : picturing Commerce, Alchemy, Eloquence and the Arts of Imitation in Early Modern Europe


  • Résumé

    Since the latin translation of Pimander in 14 71, Mercury is an abject of fascination for Earl y Modern courts and intellectual circles throughout Western Europe, where Hermes Trismegistus is considered as the inventor of theology, as the inventor of sacred letters (hieroglyphs) and as the embodied image of the connection between men and God. The reception of Mercury in Earl y Modern Europe is particularly strong in several artistic centers, namely Florence, Prague, Munich, Lyons, Paris, Antwerp, Haarlem and Amsterdam. There, the Graeco-Roman deity of word is transformed in a truly modern figure. Hence, the story of Mercury and Argus, is used as an explanation for the origin of letters, images and allegory. Cicero's emblem Hermathena becomes the modern emblem of academy. Hermapollo, inventor of poetry, becomes the figure of modern poiesis. The Psychopomp, inventor of alchemy, becomes the source for elementary transmutation, physics and chemistry. ln the North of Europe, Theutates (German Mercury) and Mercure Gaulois (French Mercury) are also used as political emblems naturally integrated in French and German representations of power. In the Netherlands and in Flanders, the god of commerce, is associated with the first images of Early Modern capitalism and liberalism.

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