Le « ballet russe » de Marius Petipa : un exemple d'hybridation culturelle

par Tatiana Nikitina

Thèse de doctorat en Études slaves

Sous la direction de Pascale Melani et de Hélène Laplace-Claverie.

Le président du jury était Régis Gayraud.

Le jury était composé de Pascale Melani, Hélène Laplace-Claverie, Catherine Géry, Sergej Aleksandrovič Konaev, Florence Poudru.

Les rapporteurs étaient Catherine Géry.


  • Résumé

    Le chorégraphe français Marius Petipa (1818-1910), qui a effectué la majeure partie d’une très longue carrière au service des Théâtres impériaux, est considéré comme l’inventeur du grand ballet académique ou du ballet « russe ». Ceci constitue un paradoxe intéressant, dans la mesure où il s’agit d’un chorégraphe étranger. Cette thèse propose d’envisager l’œuvre de Marius Petipa comme une œuvre à la frontière entre deux pays et deux cultures et de mettre à jour les oppositions et les tensions qui la traversent. Nous l’analysons comme un exemple d’hybridation culturelle et de transfert culturel, une notion qui sert à définir toute réalité sociale issue de contacts entre des identités initialement distinctes et autonomes. La question centrale soulevée dans cette thèse est l’analyse de la dimension slave de son œuvre et de son imaginaire au contact de la réalité russe. Après avoir brossé le contexte culturel et artistique russe, sont examinés les ballets des prédécesseurs de Petipa qui abordent un sujet slave et russe. Nous analysons Le Prisonnier du Caucase ou l’ombre d’une fiancée (1823) et Rouslane et Lioudmila ou Tchernomor, le sorcier maléfique (1824) du chorégraphe français Charles-Louis Didelot. Le ballet abordant le monde slave apparaît également dans l’œuvre de Jules Perrot. Le ballet signé par Arthur Saint-Léon, Le Petit Cheval bossu (1864), inspiré par le conte de Piotr Erchov, connaît un vrai succès. Le chorégraphe français s’adresse également à l’œuvre d’Alexandre Pouchkine pour son ballet au thème russe, Le Poisson doré (1867). Sont enfin analysés les ballets méconnus et peu étudiés de l’œuvre petipienne qui abordent un sujet slave : Roxana, la Belle de Monténégro (Saint-Pétersbourg, 1878) et Mlada (Saint-Pétersbourg, 1879). Ces créations coïncident avec un moment de tensions sociales et d’émergence des idées nationales en Russie au XIXe siècle. Elles confirment aussi la volonté du ballet de s’adapter, à sa manière, aux tendances du jour, reproduites cependant d’une façon conventionnelle. Cette thématique slave, abordée en Russie par les chorégraphes français, contribue à la construction de la notion de « ballet russe » qui trouvera son apogée au début du XXe siècle à Paris.

  • Titre traduit

    The «Russian ballet» of Marius Petipa : an example of cultural hybridization


  • Résumé

    The French choreographer Marius Petipa (1818-1910), who spent most of his life-long career at the service of the Imperial Theatres, is considered as the inventor of the academic Grand Ballet, or Russian Ballet. This constitute an interesting paradox, since he happens to be a foreign choreographer. This thesis proposes to look at Marius Petipa's work as a work on the frontier between the two different countries and cultures and to expose the oppositions and tensions that cross it. We’ll study it as an example of cultural hybridization and cultural transfer, a notion used to define every social reality issued from the contacts between two initially distinct and autonomous identities. The main hypothesis studied through this thesis is the analysis of the Slavic dimension of his artwork and of its imaginary in close proximity of a Russian reality. After covering the Russian cultural artistic context, the ballets of Petipa’s predecessors who address the Slavic and Russian topic are examined. We analyse The Prisoner of Caucasus, or the Bride’s shadow (1823) and Ruslan and Ludmila, or Chernomor, the evil magician (1824) by the French choreograph Charles-Louis Didelot. The ballet created by Arthur Saint-Léon, The Little Humpbacked Horse (1864), inspired with Piotr Erchov’s tale, was met with success. This choreograph draws also his inspiration from the Alexander Pushkin’s tale to compose The Golden Fish (1867). Finally, we explore little known ballets with a Slavic theme of Petipa’s universe: Roxana, the Beauty of Montenegro (Saint-Petersburg, 1878) and Mlada (Saint-Petersburg, 1879). These creations coincided with a period of social tensions and the emergence of national ideas in Russia in the 19th centaury. They also confirm the ballet's desire to adapt, to the trends of the day, reproduced however in a conventional way. This Slavic theme in the work of French choreographs in Russia contribute to the construction of the notion of «Russian ballet» the will arrive in its apogee in the 20th centaury in Paris.


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