Trajectoires des acteurs et des structures dans l'organisation d'un système de santé en Dordogne de 1803 à 1939

par Jean Marie Cazauran

Thèse de doctorat en Histoire moderne et contemporaine

Sous la direction de Christophe Bouneau.

Le président du jury était Corinne Marache.

Le jury était composé de Christophe Bouneau, Nicolas Marty, Yann Delbrel, Isabelle von Bueltzingsloewen.

Les rapporteurs étaient Nicolas Marty, Yann Delbrel.


  • Résumé

    Constatant la place importante de la santé dans la société contemporaine, l’étude du passage d’un système de santé d’Ancien Régime au système actuel à l’échelle d’un département rural comme la Dordogne représente l’objet de ce travail. En 1803, sont affirmés par la loi, les monopoles, médical et pharmaceutique, et en 1939, les éléments principaux du système actuel sont en place. L’évolution du système nous semble la conséquence de la rencontre de demandes de santé et de bien-être de populations de plus en plus larges et d’offres de santé de la part d’individus qui se professionnalisent. Au XIXe siècle, (Première Partie) les docteurs en médecine éliminent la concurrence (officiers de santé, charlatans, autres offreurs de santé) et trouvent leur place dans la société (épidémies, hygiène, vie sociale) ; les pharmaciens passent de la fabrication/vente de produits simples à la vente de médicaments de plus en plus issus de l’industrie et autres produits de parapharmacie ; les sages-femmes et les sœurs congréganistes sont des auxiliaires ou des concurrentes. Les demandeurs de soins appartiennent à des groupes sociaux de plus en plus nombreux et font appel au système pour des pathologies de plus en plus variées. Les indigents sont pris en charge par les bureaux de bienfaisance, le dépôt de mendicité et les hôpitaux-hospices, en expansion numérique et élargissant leur clientèle hors de l’indigence. Au XXe siècle, (Deuxième Partie) le système oscille entre libéralisme défendu par les acteurs de santé (syndicalisme) et étatisme pour améliorer la santé de populations de plus en plus larges. La spécialisation médicale apparait et les pharmaciens, assurés du monopole par les spécialités, sont dans un système capitaliste. La mission sociale de l’Etat se réalise par l’organisation départementale de l’hygiène publique, par l’ouverture de dispensaires et le vote de lois (Aide Médicale Gratuite, Assistance aux vieillards, infirmes et invalides, Accidents du travail, Retraites Ouvrières et Paysannes, etc.). Les bureaux de bienfaisance semblent inadaptés. La spécialisation des structures hospitalières se réalise, les hôpitaux reçoivent les malades et la lutte contre les fléaux sociaux (tuberculose, syphilis,) mobilise les autorités et les soignants. Les progrès de la chirurgie permettent l’ouverture de cliniques chirurgicales privées dans les villes. Le financement du système (Troisième Partie) fait appel à trois modes : la charité privée organisée avec son corrolaire, l’assistance publique, la prévoyance avec les Sociétés de Secours Mutuels et enfin la solidarité sous la forme des Assurances Sociales. Aucun système n’a supplanté les autres et la coexistence des trois est une des caractéristiques du système de santé français, encore actuellement.

  • Titre traduit

    Pathways of actors and structures in the organisation of a health system in the Dordogne from 1803 to 1939


  • Résumé

    Considering the important place of health in our contemporary society, this work will focus on the study of the transition from an « Ancien Régime » health system to the current system, in a rural department such as the Dordogne. In 1803, the first laws were created to establish medical and pharmaceutical monopolies to lead, in 1939, to the main elements of our current system. The evolution of the system is a consequence of the meeting of the demands for health and well-being of ever-widening populations and the provision of health care by individuals becoming more professional. In the 19th century (Part I), medical doctors eliminated competition (health officers, quacks and other health care providers) and found their real place in society (epidemics, hygiene, social life). Pharmacists moved from manufacturing and selling simple products to the selling of increasingly industrial medecine and other parapharmacy products. Midwives and congregational sisters were either assistants or rivals. The demand for healthcare came from more and more different social groups and for more and more varied illnesses. The needy were taken care of by charitable offices, beggars’homes and hospital-hospices which were in growing numbers, expanding their clientele outside of indigence. In the 20th centuty (Part II) the system oscillated between liberalism defended by health providers (trade unionism) and statism to improve the health of increasingly large populations. The medical specialization appeared and the pharmacists, comforted by their monopole, became a part of a capitalist system. The State’s social mission was carried out through the organization of public health by geographical departement, through the opening of dispensaries and through the passing of laws (free medical aid, assistance to the elderly, infirm and disabled, industrial accidents, workers’ and peasant farmers’ pensions, etc.). Charitable offices seemed inadequate. The specialization of hospital structures took place, hospitals received patients and the fight against scourges (tuberculosis, syphilis) mobilised the authorities and carers. Advances in surgery made it possible to open private surgical clincs in the cities. The financing of the system (Part III) involved three modes : private charity and its corollary public assistance, foresight with the Mutual Aid Societies and solidarity in the form of Social Insurance. Until now, no system has supplanted the others and the coexistence of the three is one of the characteristics of the French Health System.

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