Cannibalisme des récits populaires dans l'art : histoires et portraits de famille

par Murielle Navarro

Thèse de doctorat en Arts (Histoire, Théorie, Pratique)

Sous la direction de Cécile Croce.

Le président du jury était Bernard Lafargue.

Le jury était composé de Cécile Croce, Jean-Michel Devésa, Bernard Andrieu, Martine Sagaert.

Les rapporteurs étaient Jean-Michel Devésa, Bernard Andrieu.


  • Résumé

    Certains récits populaires nous renvoient à des angoisses extrêmes et à un imaginaire peuplé de mythes fondateurs, de récits bibliques et contes monstrueux. « Serions-nous « tous cannibales » comme l’écrivit Lévi-Strauss, « Après tout, le moyen le plus simple d’identifier autrui à soi-même c’est encore de le manger». En privilégiant le cadre familial, cette étude pluridisciplinaire propose d’extraire quelques personnages cannibaliques par l’adaptation artistique de ces figures emblématiques. Ainsi Cronos, Le Léviathan, Le loup et la petite fille qui dévorent mère-grand….ont nourri notre imaginaire.… Cette peur immémoriale d’être dévoré et cette envie récurrente de dévorer l’autre, se répondent mutuellement. Les lois complexes de la parenté soulignent des relations intergénérationnelles parfois voraces, que sauront transposer les artistes dans leurs œuvres avec notamment des couples fusionnels aux baisers mordants, des Vierges allaitantes, ou d’individus pourvus de ventres aux fonctions contraires. Ce cannibalisme imaginaire et symbolique replacé dans le domaine des arts, suscite plusieurs interrogations ; Pourquoi certains plasticiens questionnent-ils toujours notre appréhension du monde, à travers ces récits populaires ? Comment ces histoires anciennes sont-elles resituées dans l’art contemporain, au sein d’une société avide d’appropriation ? Sous quelles formes artistiques, ce thème de l’oralité, avec cette envie de cannibaliser ou de vampiriser autrui, est-il imaginé aujourd’hui ? Ces récits ont évolué mais l’Homme face à ses contradictions récurrentes, à sa troublante dualité, a-t-il changé ? Par le cordon (ombilical) en fil rouge, les artistes, vont tenter de (dé)nouer tous nos rapports ambivalents avec les autres. Et par la force de ces réincarnations contemporaines au prisme de l’anthropologie et de la psychanalyse, nous vivrons ainsi toutes les étapes artistiques et esthétiques de ce processus cannibalique, en empruntant tous les chemins sinueux de la dévoration, la digestion et enfin la déjection.

  • Titre traduit

    Cannibalism through popular tales in art : Stories and family portraits


  • Résumé

    Some popular stories lead to extreme repressed anxiety and to an imaginary world made of founding myths, biblical stories and monstrous folk tales. “Could we all be cannibals “asked Lévi-Strauss, “After all, the best way to identify to someone else would be to eat them”. By privileging the family setting, this multidisciplinary study offers to highlight a few cannibal characters by the artistic adaptation of these iconc figures. Cronos, Leviathan, the wolf of the little Red Riding Hood, ave nourished our fantasy world. This eternal fear of being eaten and this recurring desire to eat others are closely intertwined. The complex laws of parenting stress the sometimes voracious intergenerational relationships, the artists transposing them in their works, as in the biting kisses of fusional couples, breastfeeding Virgins, and creatures with reversed stomachs. This imaginary and symbolic cannibalism in the arts asks a few questions. Why do certain visual artists question our vision of the world, through those popular stories ? How are there ancient narratives shown in art in a society eager to own ? Under which art forms is this oral theme, devouring and cannibalizing or vampirizing others, imagined today ? These stories have indeed evolved, but Man faced to its eternal contradictions, to its disturbing duality, has he really changed ? With the (ombilical) cord as a common thread, artists will try to unravel all our ambivalent relationships with others. And with the force of these contemporary reincarnations through the prism of anthropology and psychoanalysis, we will go through all the artistic and aesthetic steps of this cannibalistic process, from devouring, through digestion, and to end with dejection.

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