L’oeuvre de Nicole Cage-Florentiny : de l’Antillanité à la Caribéanité via l’Hispanité : une poétique de la Relation

par Patricia Conflon-Gros-Desirs

Thèse de doctorat en Langues et Littératures Interculturelles et Éthique du Divers

Sous la direction de Cécile Bertin-Elisabeth.

Le président du jury était Raphaël Confiant.

Le jury était composé de Cécile Bertin-Elisabeth, Franck Collin, Yolaine Parisot, Victorien Lavou, Boubakary Diakite.


  • Résumé

    Ce travail de recherche s’intéresse à l’œuvre poétique et en prose de Nicole Cage-Florentiny, écrivaine martiniquaise qui reçut en 1996, à Cuba, le prestigieux Prix Casa de las Américas. Archipélique et protéiforme, l’œuvre de Nicole Cage-Florentiny (romans, nouvelles, poésie, traductions) écrite en français, en créole et en espagnol, exprime les douloureuses relations ambivalentes qu’entretient tout Antillais avec la Caraïbe et le monde, questionnant ainsi la société antillaise en mal d’ancrage et en quête d’identité stabilisée face aux folies mortifères.L’œuvre de Nicole Cage-Florentiny est notamment nourrie par sa formation en espagnol et son militantisme idéologique qui la poussent à établir des liens très forts avec la Caraïbe hispanique, lesquels lui apportent d’ailleurs reconnaissance internationale et possibilité d’être publiée. Nicole Cage-Florentiny défend notamment une féminité afro-descendante en actes et en paroles, contre toutes les violences et les silences imposés, contre toutes les filiations hachées et ces familles déstructurées omniprésentes dans l’œuvre cagienne. S’affirmant comme héritière de Césaire et nourrie de l’Antillanité glissantienne, Nicole Cage-Florentiny cherche à relier les hommes et les femmes antillais et avec leur terre de nouvel ancrage depuis l’arrachement de l’Afrique et entre eux, tout autant qu’avec le reste de la Caraïbe en une approche post-coloniale du refus de toutes les marginalisations. Et c’est par l’Hispanité que Nicole Cage-Florentiny s’efforce de proposer une voie de reliance et de résilience effective.Autrement dit, l’Hispanité -dans sa dimension linguistique, épistémologique et littéraire (littérature péninsulaire avec notamment le modèle picaresque et littérature hispano-américaine avec l’importance de la dimension réelle-merveilleuse) s’avère être dans l’œuvre cagienne un enjeu (et un détour) esthétique indéniable en tant qu’élément-clé d’une reterritorialisation possible des Antillais. Il s’agit donc de souligner combien les positionnements de Glissant, depuis son fameux Discours antillais, affleurent à maintes reprises dans l’œuvre cagienne qui souhaite relier les pans d’h/Histoires oublié(e)s pour rétablir la dignité des mémoires « subalternes » et construire une poétique de l’Antillanité en interrelation(s), notamment à partir de la Caraïbe hispanique.La voix/voie de reterritorialisation caribéenne que propose l’œuvre cagienne s’inscrit dès lors dans le prolongement théorique et conceptuel d’un désir de réappropriation du lieu caribéen, exprimé déjà chez Glissant depuis le Discours antillais jusqu’à notamment sa Poétique de la Relation. Assurément, pour que les Antillais puissent affirmer leur Caribéanité, il conviendrait comme le souligne Nicole Cage-Florentiny, tant dans sa prose que dans sa poésie, de reconquérir mémoire et relation au lieu insulaire (terre et mer). Cette réhabilitation est alors sous-tendue par une quête de « sororité », soit un projet de « carrefours » en acte, constamment réécrits, comme pour mieux relier les éléments de la triade Antillanité, Hispanité et Caribéanité, et ce à partir d’une valorisation féminine dont le traitement est assurément l’une des originalités de l’œuvre cagienne.

  • Titre traduit

    The work of Nicole Cage-Florentiny : from Antillean-ness to Caribbeanness via Hispanité : a poetics of the Relation


  • Résumé

    This study aims at analyzing the creative works by Nicole Cage-Florentiny as the expression of the dolorous and ambivalent relationship between the Antilles, the Caribbeans and the World. We explore how this female writer from Martinique anchors her writing in the complexities and multiformities of the Antillean identities. This quest leads her to break the pact of silence and defend Black African femininity in its confrontation with both a patriarchal environment and the violence directed towards women and the family structures.While claiming Aimé Cesaire’s legacy and connection to Africa, Nicole Cage-Florentiny dwells on Edouard Glissant’s Antillean-ness as a means to connect men and women from Antilles with their new land, and reveal their common connection to the Spanish, French and Creole languages. In other words, through these languages, and particularly through the diverse connection to the African continent, Spain and the picaresque models of the peninsular literature, and through magic realism of the Creole language, Nicole Cage-Florentiny offers the Caribbeans the tools of re-territorialization.In short, this study underlines how Edouard Glissant’s “Poetic of Relation” informs Nicole Cage-Florentiny’s writing and her desire to connect diverse aspects of the “forgotten history” of the Caribbeans, her way to reconquer memories between land and sea, and rebuild a poetic of Antillean-ness defined as an interrelation between languages, races and identities, an interrelation between Antillean-ness, Hispanity and Caribbeanness.


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