La matérialité du texte dans Manhattan Transfer et USA de John Dos Passos

par Delphine Robache

Thèse de doctorat en Littérature américaine

Sous la direction de Isabelle Alfandary.

Le président du jury était Marie-Christine Lemardeley.

Le jury était composé de Isabelle Alfandary, Marie-Christine Lemardeley, Pascale Antolin-Pirès, Axel Nesme, Antoine Cazé.

Les rapporteurs étaient Pascale Antolin-Pirès, Axel Nesme.


  • Résumé

    Les premiers romans de John Dos Passos s’inscrivent dans le courant moderniste et sont caractérisés par une organisation originale des mots sur la page. Le texte n’est pas un bloc monolothique mais il est découpé en sections et ponctué d’épigraphes. Il contient également une multitude de collages présentés dans des styles et des polices variés. Cette observation est le point de départ de cette étude qui propose d’analyser la matérialité du texte dans les premiers romans de John Dos Passos, Manhattan Transfer et la trilogie USA, publiés entre 1925 et 1938. Ces ouvrages interrogent le regard du lecteur sur le texte, en montrant ce qui est placé devant, autour de l’oeil de celui qui regarde. Ils invitent le lecteur à prendre conscience de ce qui influence sa vision. Le roman exhibe son armature et ses divers seuils, laissant soin à celui qui lit de poursuivre ou non sa lecture, de revenir en arrière et de faire les liens entre les différentes zones de texte. Le roman expose son mode de fabrication, soulignant qu’il est le produit d’un réagencement de textes antérieurs. Cette armature visible est autant faite de pleins que de vides et reflète la tension entre l’ambition de tout dire, tout contenir et la reconnaissance de la difficulté même de raconter. Le jeu avec les espaces blancs, la ponctuation et les indications phonétiques renforcent la dimension écrite du texte tout en essayant de de le faire sortir hors de la page et de résister à toute clôture.

  • Titre traduit

    The materiality of the text in Manhattan Transfer and USA of John Dos Passos


  • Résumé

    The early novels of John Dos Passos are part of the modernist literary movement. They are characterized by an original organization of the words on the page. The text is no longer a monolithic block, but is divided into sections and its separations are highlighted by a vast paratext. It also contains a variety of collages presented in various styles and in different fonts. These observations are the starting point of this research, which focuses on the materiality of the text in the early novels of John Dos Passos, Manhattan Transfer and the trilogy USA, published between 1925 and 1938. These novels question the gaze of the reader on the text, showing what is placed in front of and around the eye of the observer. The reader becomes aware of what influences his vision. The novel displays its internal structure and various thresholds, allowing the reader to continue or to stop reading, to go backwards and to create connections between the different sections of the text. The novel displays how it has been constructed, highlighting that it is the product of the rearrangement of previous texts. This visible internal structure is also built out of gaps and empty spaces. It reflects the tension between the ambition to be exhaustive, to contain everything and to acknowledge the difficulty to tell a story. The interplay with the blank space on the page, the use of punctuation and phonetic indicators reinforce the written aspect of the text, while at the same time making the words stand off the page and resistant to closure.

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