Féeries pour une autre fois : réécritures et renouvellement des paradigmes des contes de fées (1808-1920)
| Auteur / Autrice : | Hermeline Pernoud |
| Direction : | Paolo Tortonese |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Littérature et civilisation française |
| Date : | Soutenance le 03/02/2017 |
| Etablissement(s) : | Sorbonne Paris Cité |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Littérature française et comparée (Paris ; 1992-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | établissement de préparation : Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris ; 1970-....) |
| Laboratoire : Centre de Recherche sur les Poétiques du XIXe siècle (Paris) | |
| Jury : | Président / Présidente : Jean-Paul Sermain |
| Examinateurs / Examinatrices : Paolo Tortonese, Jean-Paul Sermain, Nathalie Prince, Bertrand Vibert, Évanghélia Stead | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Nathalie Prince, Bertrand Vibert | |
| DOI : | 10.70675/bbcf2d6ez70bfz4049zad45z2f96a28c4286 |
Mots clés
Résumé
Cette thèse, qui recense plus de mille contes de fées composés entre 1808 et 1920, s’intéresse au renouveau du merveilleux, un registre vieillissant faisant face au désenchantement. Ce travail montre comment le conte, en juxtaposant la modernité et l’imaginaire, bascule dans le comique (parodie des auteurs du Grand Siècle, désacralisation des héros, sapement des valeurs chevaleresques). En même temps, les figures masculines chutent de leur piédestal en engendrant une modification des représentations du féminin.Dans la première moitié du XIXe siècle, les fées et les princesses sont réduites aux stéréotypes de genre : elles sont seulement belles, riches et bienfaisantes. Puis l’esprit fin-de-siècle impose de nouveaux canons, attribuant aux héroïnes les vices de leurs contemporains. Notre thèse dissèque cette vision misogyne afin de montrer comment la crainte de l’extinction de la « race » est née : les pouvoirs magiques des fées et la considération qu’on leur porte diminuent ; les princesses constatent que l’heureux dénouement promis n’est plus. Désormais, ces femmes au cœur de glace deviennent la source des souffrances masculines.Notre travail engage également une réflexion sur les perversions au XIXe siècle et démontre comment les auteurs de contes décadents se servent de motifs propres au merveilleux (manducation, servage des héroïnes) afin d’esthétiser la souffrance et la transformer en plaisir. Enfin, les réécritures de « La Belle au bois dormant » sont emblématiques de la fin-de-siècle. Cette princesse endormie incarne à la fois l’intouchable virginité et la pire des perversités. Sa passivité illustre les violences physiques et psychiques que la société lui impose et justifie ; son éveil revendique les droits des citoyennes et annonce le féminisme.