L'ornement et le décoratif : approches artistiques et esthétiques

par Efthymia Bakogianni

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Jacqueline Lichtenstein.

Soutenue le 20-01-2016

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Concepts et langages (Paris) , en partenariat avec Métaphysique, histoires, transformations, actualité (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Dominique Chateau.

Le jury était composé de Jacqueline Lichtenstein, Carole Talon-Hugon, Bertrand Prévost.


  • Résumé

    De l'ornement architectural à l'ornement liturgique, de l'ornement langagier à l'encadrement du tableau, de l'ornement musical au tatouage, les formes variés de l'ornement témoignent d'un champ d'application illimité qui couvre tous les domaines de l'art. Si chez Kant l'ornement offre un exemple typique de beauté libre, la philosophie et la théorie de l'art lui attribuent souvent un contenu moral ou symbolique l'associant tantôt à la convenance tantôt à la dégénérescence. En tant que forme primitive d'expression artistique il est rattaché aux arts premiers et à la production artisanale, aux antipodes de la véritable création artistique tout autant que du dessin industriel ou architectural. Sa dimension cosmique, d'autre part, fait que des artistes et des historiens le mettent au centre de leur conception de l'art, le considérant comme la manifestation principale du « vouloir artistique » ou une expression privilégiée de l'impulsion artistique vers l'abstraction. Si la spécificité de l'ornement consiste en son caractère accessoire qui lui assigne un statut ontologique particulier entre l'ergon et le parergon le rendant synonyme de « style », sa transversalité met en question les hiérarchies issues de la théorie de la mimesis et brouille les limites entre art et décoration, majeur et mineur, d'autant plus que les notions dérivées de l'« ornemental » ou du « décoratif » dépassent le domaine des arts appliqués et s'emploient pour designer la forme ou la fonction d’œuvres d'art. À ce titre l'étude des différents aspects de l'ornement et des réponses théoriques qu'il a suscitées, renouvelle la réflexion sur le statut de l'art et sa relation avec la vie.

  • Titre traduit

    The ornament and the decorative : artistic and aesthetic approaches


  • Résumé

    From architectural decoration to liturgical ornament, from rhetorical ornament to painting frames, from musical ornament to tattoo, the various forms of ornament testify to an unlimited scope that covers all artistic and cultural fields. Despite its being considered, from a kantian point of view, as an example of free beauty, philosophy and theory of art often attribute a moral or symbolic content to ornament, associating it to either convenience or degeneracy. As a primitive form of artistic expression, ornament is related to tribal art and to craft rather than true artistic creation or modern design. Its cosmic dimension, however, leads some artists and historians regard it as the basis for their conception of art, as the chief manifestation of the “will to art”, or as a primary expression of the artistic impulse that leads to abstraction. Since its specific character consists in that of an accessory, ornament receives an intermediate ontological status between the ergon and the parergon. Its transversality challenges the hierarchy of art forms and genres which is based on the theories of mimesis, and blurs the boundaries between art and decoration, high and low, since the derived terms of "ornamental" or "decorative" apply not only to decorative arts but also to the style and the function of art works. The study of the different aspects of ornament and of the theoretical responses it raised, contributes to regarding our understanding of the status of art and its relation to life.

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