Du Douanier Rousseau à Gaston Chaissac : la reconnaissance de l'art naïf en France et aux Etats-Unis (1886-1948)

par Marion Alluchon

Thèse de doctorat en Histoire de l'art

Sous la direction de Philippe Dagen.

Soutenue le 05-11-2016

à Paris 1 , dans le cadre de École doctorale Histoire de l'art (Paris) , en partenariat avec Histoire culturelle et sociale de l'art (Paris) (équipe de recherche) et de Histoire culturelle et sociale de l'art (Paris) (laboratoire) .

Le président du jury était Arnauld Pierre.

Le jury était composé de Philippe Dagen, Emmanuel Pernoud.

Les rapporteurs étaient Laurence Campa.


  • Résumé

    Reconnu par les avant-gardes au tournant du XXe siècle pour sa rafraîchissante primitivité, encensé jusqu’aux années 1950, l’art naïf est aujourd’hui tout à fait négligé. Grâce aux expositions rares mais régulières qui lui sont consacrées, seul Henri Rousseau dit le Douanier semble encore susciter quelque intérêt. Mais les peintres révélés à sa suite, autodidactes et d’extraction populaire comme lui et répondant aux noms d’André Bauchant, Camille Bombois, Séraphine Louis, René Rimbert ou Louis Vivin, ne jouissent plus du même succès. Pourtant, leur reconnaissance durant l’entre-deux-guerres prit des dimensions insoupçonnées. «Peintres du Cœur Sacré», «Primitifs Modernes», «Maîtres Populaires de la Réalité» ou encore, outre-Atlantique, artistes folk et self-taught, ceux qui furent définitivement labellisés art naïf à partir de 1950, comptaient parmi les peintres les plus appréciés. Outre le fait de combler un chapitre encore peu investi de l’histoire de l’art et de celle du primitivisme, nous cherchons à comprendre les raisons d’un tel décalage. Notre thèse retrace et analyse ainsi la reconnaissance de l’art naïf, de son émergence avec Henri Rousseau en 1886 à son institutionnalisation par le Musée national d’art moderne français en 1948. A travers l’étude des définitions qui lui furent successivement appliquées, nous constatons que ce type de «primitifs», loin de demeurer associés aux artistes les plus avant-gardistes, fut aussi célébré par une famille artistique conservatrice et réactionnaire qui, tout en les encensant, eut certainement raison de leur postérité.

  • Titre traduit

    From the Douanier Rousseau to Gaston Chaissac : the recognition of naïve art in France and United States of America (1886-1948)


  • Résumé

    Revealed by the avant-garde at the turn of the 20th century for its refreshing primitivity, naïve art famous until the 1950’s is today completely neglected. Only Henri Rousseau known as the Douanier still draws attention thanks to the rare exhibitions that are still regularly organized on his work. But the ones who were recognized after his death, the self-taught and low-class people like him such as André Bauchant, CamilleBombois, Séraphine Louis, René Rimbert or Louis Vivin, don't ring a bell any more. However, their recognition during the in-between-wars both in France and in the United States was surprisingly successful. Known as the “Peintres du Coeur Sacré”, the “Modern Primitives”, the “Masters of Popular Paintings” or across the Atlantic as folk or self-taught artists, these painters who were definitively labeled as naïve art painters in France after 1950, were among the most appreciated ones. While completing a chapter of history of art and of the history of primitivism, we focused on trying to understand the reasons of such a shift. This PhD traces and focuses on the recognition of naïve art, from its birth with Henri Rousseau in 1886 to its institutionalization by the Musée national d’art moderne in 1948. By looking closely at the various definitions given to naïve art at different times, we can see that this type of “primitives” remains far from being associated to the most avant-gardist artists and that they were also celebrated by people from a more conservative and reactionary artistic tendency. This might have rushed their disappearance.


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