La politique du chant dans les oeuvres de Pablo Neruda et de Louis Aragon : l’art comme conquête
| Auteur / Autrice : | Margaux Valensi |
| Direction : | Isabelle Poulin |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Littératures française, francophones et comparée |
| Date : | Soutenance le 04/11/2016 |
| Etablissement(s) : | Bordeaux 3 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Montaigne-Humanités (Pessac, Gironde ; 2007-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Textes, littératures, écritures et modèles (Pessac, Gironde ; 2007-2021) |
| Jury : | Président / Présidente : Philippe Baudorre |
| Examinateurs / Examinatrices : Isabelle Poulin, Emmanuel Bouju, Vincent Ferré, Anne Tomiche | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Emmanuel Bouju, Vincent Ferré | |
| DOI : | 10.70675/bf9bdb2az8ce5z492ezafb4z1d71e4ea7313 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Face aux grands drames historiques du 20ème siècle, Louis Aragon (1897-1982) et Pablo Neruda (1904-1973), deux poètes communistes, amis dans la vie, développent à travers leur œuvre une conception de la poésie et de l’art en général comme une conquête, qu’ils nomment « chant ». Bien qu’il renvoie au lien séculaire entre musique et poésie, le « chant », que la thèse prend pour objet, n’est ni réductible ni à la musique ni au texte. Pour eux, le chant est le symptôme de l’unité fondamentale de l’art et de la vie et peut constituer une expression valant dans n’importe quelle sphère de l’activité artistique. Cette étude défend l’hypothèse selon laquelle le chant est d’abord une énergie qui non seulement fonde le texte littéraire, mais irrigue également les autres arts, et notamment les arts plastiques. La thèse propose ainsi de réinterroger ce que l’on appelle « chant » à travers deux œuvres originales qui cherchent à redessiner des communautés politiques et esthétiques, à l’échelle nationale et internationale. En saisissant d’abord leur œuvre par le dehors, l’étude met en lumière les étapes de la fabrique du chant à partir de deux manières de relier les espaces poétiques et politiques : celui de l’histoire littéraire et artistique et celui de la traduction. Ensuite, la thèse se fonde sur une approche poétique pour examiner de l’intérieur le chant sous l’angle de l’énergie. Si le chant semble indéfinissable, c’est aussi parce qu’il n’est pas une forme ni même un genre à proprement parler, mais l’expérience sensible d’une présence partagée. Démesurée, l’énergie du chant défie les cadres de la représentation pour s’afficher comme une expression. C’est sous ce dernier prisme que l’étude inscrit le chant dans un horizon qui outrepasse la poésie et le confronte à des problématiques visuelles en convoquant les écrits sur l’art de l’un et de l’autre, de rares livres illustrés par les peintres muralistes (Siqueiros, Rivera, Venturelli et Léger) et en examinant de près les extensions du chant (le livre, le mur et la tapisserie), afin d’identifier la communauté d’enjeux entre ce que nos poètes appellent « chant » et des réalisations plastiques majeures du 20ème siècle.