Thèse soutenue

Imaginaires nationaux et mythes fondateurs ; la construction des multiples socles identitaires de la Corse française à la geste nationaliste

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Ange-Toussaint Pietrera
Direction : Didier Rey
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire moderne et contemporaine
Date : Soutenance le 23/10/2015
Etablissement(s) : Corte
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Environnement et sociéte (Corte ; 2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : UMR CNRS 6240 LISA
Jury : Examinateurs / Examinatrices : Didier Rey, Christian Amalvi, Gérard Noiriel, Jean-Marie Comiti, Eugène F.-X. Gherardi, Jean-François Sirinelli
Rapporteurs / Rapporteuses : Christian Amalvi, Gérard Noiriel
DOI : 10.70675/199a1f9cz91f2z43edz9809zc65b908434e3

Mots clés

FR  |  
EN

Résumé

FR  |  
EN

Depuis plusieurs décennies, la question nationale a ressurgi de façon spectaculaire sur les scènes politiques et scientifiques. Plutôt que de définir la nation, la recherche s’est intéressée à ses armatures, évoquant désormais ses « imaginaires nationaux » (Benedict Anderson) ou encore ses « inventions de tradition » (Eric J. Hobsbawm). Cette thèse propose d’appliquer ces concepts, complétés néanmoins des travaux d’une génération d’historiens apparue durant les années 1990 (Gérard Noiriel, Anne-Marie Thiesse…) et des armes de l’histoire culturelle, vis-à-vis de l’histoire contemporaine de la Corse. Après la conquête française (1769), l’île n’échappe pas au XIXe siècle, et à son cortège d’exaltations nationales. Tout en demeurant au sein du strict cadre français, une poignée d’élites n’en exalte pas moins les vertus de la Corse, loue ses figures illustres, instaurant déjà quelques paradigmes patriotiques. Afin de livrer la meilleure exhaustivité possible à notre propos, plusieurs sources ont été mobilisées durant ce travail, notamment la littérature, les actes administratifs, la presse ou encore l’image, dont une première pensée tarde à voir le jour. Dans le but de délimiter un cadre thématique précis à notre travail, nous avons orienté nos prospections vers trois axes. Tout d’abord, celui de l’histoire, une des plus importantes « inventions » du XIXe siècle. En marge des histoires nationales qui se développent au même moment sur le Vieux Continent, la discipline sera abordée dans ses expressions littéraires et illustratives sans oublier son facteur institutionnel, qui reste le meilleur support d’enracinement des mythes fondateurs. Le deuxième axe que nous avons choisi de traiter est celui du héros, nous menant à la constitution de l’« assiette héroïque » composée de Sampiero, Paoli et Napoléon. La construction de ce propos observera un développement analogue à la partie précédente, où à la sphère des représentations succèdera celle du figement, marqué par la fonte statuaire.Enfin, ce travail se terminera par l’évocation d’un phénomène que nous avons appelé la « geste nationaliste » prenant pour cadre l’autonomisme de l’entre-deux-guerres. Au moyen de publications phares (A Muvra), celle-ci propose un remodelage complet du système de représentation précédemment édifié, modifiant l’« assiette héroïque » et investissant à son tour les scènes mémorielles. Ayant fait des éléments linguistiques et littéraires leurs forces de créations, cette mouvance se démarquera par les enjeux de palimpseste et de mimesis qu’elle met en place, où à l’exaltation d’une vérité autre répond l’imitation d’un modèle existant.