Dynamiques identitaires liées aux comparaisons sociales intergroupes et intragroupes : quand l'auto-catégorisation explique les perceptions et conduites scolaires

par Sébastien Chazal

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Serge Guimond et de Céline Darnon.

Le président du jury était Nicolas Michinov.

Le jury était composé de Serge Guimond, Céline Darnon.

Les rapporteurs étaient Nicolas Michinov, Pascal Pansu.


  • Résumé

    Fondée sur les Théories de la Comparaison sociale (Festinger, 1954), de l'Identité Sociale (Tajfel, 1970) et de l'Auto-Catégorisation (Turner, 1987), cette Thèse défend l'idée de l'influence du contexte de comparaison dans la construction des perceptions et des conduites scolaires. Particulièrement, et selon le genre, le niveau d'auto-catégorisation (intergroupe vs intragroupe) modifie le concept de soi scolaire, scientifique et littéraire, le rappel de notes mais aussi les choix d'orientation (Article 1). Les filles s'évaluent comme plus douées en lettres que les garçons et les garçons comme plus doués en sciences que les filles dans un contexte intergroupe par rapport à un contexte intragroupe. Avec des mesures plus « objectives », ce pattern de résultats est identique pour les notes et s'inverse pour les choix d'orientation. Ces différences de genre se retrouvent également pour les sois agentique et relationnel dans un contexte collectif et s'estompent là aussi dans un contexte plus individuel (Article 2). Ainsi, pour des élèves en France, les différences de genre ne sont pas amoindries (Eagly & Wood, 1999), mais perdurent lorsqu'une identité collective est induite. L'auto-stéréotypie ou l'adhésion au stéréotype de l'endogroupe explique alors ces différences de genre sur les concepts de soi agentique et relationnel. De plus, dans cette étude réalisée en école d'ingénieur, la position sociale modifie les auto-perceptions des filles sur un soi scientifique dans un contexte collectif, illustrant des effets de contraste par rapport au groupe d'appartenance. Le soi collectif et non le soi individuel est guide des attitudes d'inégalités envers les groupes sociaux, mesurées par la dominance sociale et le sexisme moderne (Article 2). Les liens entre comparaison sociale et buts d'accomplissement sont alors étudiés et précisent qu'une comparaison intergroupe implique plus l'adoption de buts de performance-approche qu'une comparaison intragroupe alors que l'inverse se produit pour des buts de maîtrise (Article 3). Ces résultats seront enfin discutés au regard des questions entourant l'existence de réelles différences de genre liées au contexte, et d'identités multiples influençant différemment les cognitions et attitudes.

  • Titre traduit

    Identity dynamics linked to intergroup and intragroup social comparisons : when self-categorization explains perceptions and school behaviors


  • Résumé

    Based on the Social Comparison Theory (Festinger, 1954), the Social Identity Theory (Tajfel, 1970) and the Self-Categorization Theory (Turner, 1987), this Thesis presents the influence of social comparison context on academic perceptions and behaviors. Particularly, the level of self-categorization (intergroup v. intragroup) affects academic selfconcept (scientific v. arts), self-reported marks but also career choices, according to gender (Article 1). Women evaluate themselves as more gifted in French than men and men evaluate themselves as more gifted in science than women in an intergroup context compared to an intragroup context. With more “objective” measures, these results are similar for marks and even become inverted for academic choices. These gender differences are conspicuous for an agentic and a relational self in a group context, and fade too in a more individual context (Article 2). Thus, for French students, gender differences do not decrease (Eagly & Wood, 1999), but persist when a collective identity is induced. Self-stereotyping, or adherence to an ingroup stereotype, explains these gender differences on agentic and relational self-concepts. Furthermore, in this study which was conducted in an engineering school, social position change the scientific self-perceptions of women in a collective context, highlighting contrast effect related to group membership. The collective self but not the individual self guides attitudes toward social inequalities, with certain measures of social dominance and of modern sexism (Article 2). The links between social comparison and achievement goals are then studied and suggest that an intergroup comparison involves the adoption of performance-approach goals more than an intragroup context while the opposite effect occurs for mastery goals (Article 3). These results will finally be discussed according to questions surrounding the existence of real gender differences tied to context and multiple identities influencing differently cognitions and attitudes.


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