L'inscription de la religion dans "La Symphonie pastorale" (Gide), "Journal d'un curé de campagne" (Bernanos), "L'Aventure ambigue" (Kane) et "La Flèche de Dieu" (Achebe)

par Cheikh Diop

Thèse de doctorat en Littératures française, francophones et comparée

Sous la direction de Eric Benoit et de Mosé Chimoun.

Le président du jury était Catherine Mazauric.

Le jury était composé de Eric Benoit, Mosé Chimoun, Pierre Halen.

Les rapporteurs étaient Catherine Mazauric, Pierre Halen.


  • Résumé

    A la lecture des récits de Bernanos, Gide, Kane, Achebe inscrits dans notre corpus, il ressort que l’imagerie religieuse offre un tableau composite. En effet, s’appuyant sur un ensemble de représentations, la religion varie selon les époques et les sociétés. Bien que considérant le divin comme entité influente, elle intègre des croyances et théogonies locales. Par ailleurs, la divinité ne conditionne pas toujours l’appartenance religieuse car « pas plus qu’il n’y a de religion sans société, il n’y a pas de société sans religion: une société athée serait sans doute une société sans dieu(x), mais il ne s’ensuit pas qu’elle serait sans religion ni croyance ». Il est notable que dans ces textes, l’évocation de la religion, par-delà les marques de ferveur qu’elle est susceptible de traduire, pose un problème existentiel. Plus qu’un rapport entre le divin et l’humain, c’est l’avènement d’une conscience évolutive chez l’homme dans un univers où les liens qui ont toujours forgé l’unité collective tendent à se délier. Autrement dit, la religion se veut le reflet d’un faisceau de valeurs sur la base desquelles s’inspirent les conduites humaines. Et c’est œuvrant à l’encontre d’une telle prescription que le malaise s’est instauré chez la plupart des personnages des romans. Au demeurant, de l’approche de la religion résulte le constat à la fois séduisant et décevant qu’offre l’image d’un univers pris dans le tumulte des exigences sociétales. Au regard des fictions, il s’avère que la nature du sacré émeut et se meut à travers les peuples mais, aussi, s’estompe plus qu’elle ne s’affirme, se dévoie plus qu’elle ne s’enracine. Bien qu’adossé au point de repère de la foi, l’homme est de plus en plus gagné par le vertige. Et ce malaise s’universalise car « une religion est un phénomène qui se vit collectivement ». Autrement dit, les textes dévoilent la dérive de l’être aux prises avec le mal. Mais plus qu’une lutte contre autrui, c’est plutôt l’expression d’un combat acharné contre soi afin de renaître à la première splendeur. Il est clair que l’univers des récits est peuplé d’individus dont la voix porte l’écho du divin. Une perpétuelle cohabitation entre le bien et le vice, ainsi s’établit la condition humaine telle qu’elle est présentée dans les romans. Car, que peut bien révéler le journal d’un curé, arborant la flèche de Dieu et faisant face aux démons, si ce n’est la symphonie d’une aventure ambiguë voire périlleuse.

  • Titre traduit

    The inclusion of religion in "The Pastoral symphony" (Gide), "Diary of a Country Priest" (Bernanos), "The Ambiguous adventure" (Kane), and "Arrow of God" (Achebe)


  • Résumé

    In reading the stories of Bernanos, Gide, Achebe incorporated in our corpus, it emerges that religious imagery offers a composite picture. Based upon a set of representations, religion indeed varies according to the times and society. Though viewing the divine as an influential entity, religion implies beliefs and local theogonies. In fact, divinity doesn’t influence religious belonging for no much more than there is not religion without society, there isn’t society without religion: an atheist society undoubtedly would be a godless society but it wouldn’t mean a society devoid of religion or belief. It is worth noting that in these texts the mere mention of religion poses an existential problem beyond any fervor it is likely to stand for. More than a relationship between the divine and the human, it’s about the advent of man’s evolving conscience in a universe where bonds which have always created the collective unity tend to untie. In other words, religion is meant to be a set of values by which human behaviors are inspired. It is in fighting against such a prescription that some discomfort came to be among most characters in some novels. As a result, the observation both stunning and unsatisfactory provided by the image of a universe caught up in the turmoil of societal demands stems from the approach of religion. In view of fictions, it turns out that the nature of the sacred stirs and moves throughout all peoples but also fades away more than it shows off, leads astray more than it takes root. Though leaned to the landmark of faith, the human being is more and more subjugated by vertigo. This uneasiness becomes universal because religion is a collectively-lived phenomenon. In other words, the texts unveil human being’s drift in his struggling against evil. But more than a fight against the others, it’s rather a bitter struggle against oneself in order to be reborn to the first splendor. It is obvious that the universe of stories is peopled by individuals whose voices bear the echo of the divine. A perpetual cohabitation between good and evil, this is how the human condition is established and so depicted in the novels. For what may reveal the diary of a priest bearing the arrow of god and striving against demons except that it is the symphony of an ambiguous adventure, if not a perilous one.


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