Thèse soutenue

L'esprit des lieux et le mythe de l'origine dans l'oeuvre romanesque et philosophique de Pascal Quignard

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Auteur / Autrice : Thu Nguyen Nguyen Thi
Direction : Gérard Peylet
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littératures française, francophones et comparée
Date : Soutenance le 08/06/2015
Etablissement(s) : Bordeaux 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Montaigne-Humanités (Pessac, Gironde ; 2007-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Cultures, Littératures, Arts, Représentations, Esthétiques (Pessac, Gironde)
Jury : Président / Présidente : Jean-Yves Laurichesse
Examinateurs / Examinatrices : Gérard Peylet, Claude Filteau, Thierry Ozwald, Patrick Baudry
Rapporteurs / Rapporteuses : Claude Filteau, Thierry Ozwald
DOI : 10.70675/884afc97z2b4dz4421z9e4az81ad12f04084

Résumé

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Enigmatique, poétique, fragmentaire, foisonnante, réitérative, l’œuvre de Pascal Quignard attire par son univers complexe composé de fiction, de vécu personnel, de récits fabuleux, d’érudition, de pensées philosophiques, dans lequel on rencontre des lieux qui constituent des ports d’attache et qui détiennent les secrets du temps. Ces lieux semblent structurer l’œuvre. L’auteur s’intéresse à l’esprit des lieux comme pour mieux souligner les liens invisibles et imaginaires qui se tissent entre l’homme, son territoire et son passé. Etudier l’esprit des lieux et le mythe de l’origine chez Quignard, c’est essayer de comprendre l’évocation récurrente de ce territoire devenu obsédant et sa puissance de représentation dans la création de l’écrivain. Avec le choix du double corpus, romanesque et philosophique, avec le choix d’une méthode de recherche pluridisciplinaire (critique littéraire, anthropologie, imaginaire), notre thèse se construit en trois parties, qui abordent successivement la question de l’attirance des lieux, celle du glissement de l’enchantement à la mélancolie, ainsi que les caractéristiques de l’écriture poétique et mythique de Quignard. Nous trouvons des lieux enchantés qui reflètent la Weltanschauung de l’auteur. Véritables sources de vie, de l’imagination et de la création, ils suscitent la réconciliation entre l’homme et son passé, son territoire et son identité, même si la mélancolie y demeure fondamentale. Les personnages de Quignard sont extrêmement sensibles à tout ce qui est perdu et oublié, à des maisons et lieux abandonnés, à des hommes qui sont présentés comme des enfants d’Eve exilés. Le désir de ré-enraciner, de se ré-ancrer dans le lieu d’autrefois révèle l’attachement mais aussi la défaillance, car l’homme se trouve vite confronté à ce qui est perdu, au vide. L’enchantement reste éphémère, la mélancolie nous ouvre la porte des lieux sombres. Pour mettre en lumière l’esprit des lieux, Pascal Quignard a recours à une écriture riche en réminiscences, en images, en mythes. Son œuvre est le fruit de l’imaginaire, de l’intuition. Les relations complexes entre Fragments, Réminiscences, Mémoire dans son écriture révèlent la profondeur poétique de l’œuvre, tandis que le narrateur suit l’instant, la trace des êtres, les appels lointains, toujours avec son intuition, et ses impressions de poète mélancolique. L’écrivain sert également d’anciens mythes, les transforme et les enrichit comme un moyen efficace pour créer son propre mythe des lieux : mythe du perdu, mythe du retour et mythe de l’origine.