Thèse soutenue

Négoce, espaces et politique : les recompositions socio-économiques du commerce dauphinois dans la Révolution (années 1770 - années 1820)

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Auteur / Autrice : Boris Deschanel
Direction : Dominique Margairaz
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance le 05/12/2014
Etablissement(s) : Paris 1
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale d'Histoire de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Paris ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institutions et dynamiques historiques de l'économie et de la société (France ; 1998-....)
Equipe de recherche : Institutions et dynamiques historiques de l'économie et de la société (France ; 1998-....)
Jury : Président / Présidente : Philippe Minard
Examinateurs / Examinatrices : Dominique Margairaz, Silvia Marzagalli, Jean-Pierre Jessenne
Rapporteurs / Rapporteuses : Pierre Gervais, Gilbert Buti

Résumé

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Cette thèse vise à étudier l’impact du processus révolutionnaire sur l’organisation du négoce préindustriel, à travers l’exemple des commerçants dauphinoise et de leurs réseaux d’affaires internationaux (Europe, Méditerranée, Caraïbes). Pour analyser ces mutations, l’enquête commence par revenir sur les structures du négoce dauphinois, vers la fin de l’Ancien Régime. Les contours du groupe semblent beaucoup plus incertains qu’il n’y paraît : la cohésion de la bourgeoisie d’affaires tient surtout à la prééminence de quelques familles, capables de s’exprimer au nom des autres commerçants locaux et de porter ainsi une ligne patriote et apparemment « libérale ». La Révolution, dans laquelle ces négociants s’impliquent, ouvre une phase de recomposition de l’espace public et institutionnel, qui répond en partie à leurs attentes, mais qui ne va pas sans risque. Les dynamiques révolutionnaires contribuent en effet à déstabiliser le groupe à court terme. A plus long terme, en revanche, se déroulent des mutations socio-économiques, politiques et symboliques propices à l’essor de la bourgeoisie commerciale. Celle-ci tire notamment profit des conflits internationaux, sous la Révolution et l’Empire, pour réaffirmer ses fonctions dans la sphère économique et publique, au service de l’effort de guerre et de l’intérêt général. De ce point de vue, le bilan de la Révolution se révèle quelque peu paradoxal. D’un côté, les négociants renforcent leur puissance sociale ; mais de l’autre, ils n’y parviennent qu’au prix d’une transformation de leur identité collective, qui passe en particulier par une réorientation de leurs activités traditionnelle et par une redéfinition du champ commercial.