Les usages médicaux du social : Médecine générale et inégalités

par Guilhem Birouste

Thèse de doctorat en Science Politique

Sous la direction de Laurent Visier.


  • Résumé

    La France est caractérisée par un bon état de santé global et d'importantes inégalités sociales de santé. Le renouveau d'intérêt pour ces dernières est l'occasion de questionner une définition univoque centrée sur les résultats au détriment des procédures, dans un pays qui a axé ses politiques de lutte sur le système de soins. La médecine générale y a une place particulière par son apparition récente en tant que spécialité universitaire et la nécessité de se définir qui s'ensuit. Elle est décrite tout à la fois comme pivot du système de soins, agent de santé publique ou chantre d'une relation inter-individuelle et d'une prise en charge globale. Si la médecine est fondée sur les données de la science, elle est aussi une profession prudentielle en ce qu'elle prend en compte des situations singulières, générant de l'incertitude dans la pratique. Parmi les sources de singularité, l'aspect social, tant du patient que du médecin, est à considérer. Dans sa pratique, ce dernier éprouve cependant une diversité de social. Tantôt obstacle à son activité professionnelle et vu comme extérieur au médical, tantôt élément apparenté aux données de la science par l'épidémiologie, il peut aussi être une brique de la construction individuelle du patient sur laquelle s'appuyer, conduisant parfois à une moralisation des conduites et des identités. Les caractéristiques sociales du médecin sont quant à elles souvent oubliées, comme s'il était neutre ou simple représentant de la science. C'est pourtant dans l'interaction entre ces deux mondes que se jouent aussi les inégalités sociales de santé et tout se passe comme si le médecin ne pouvait bien soigner que ses semblables.

  • Titre traduit

    Medical Uses of Social : General Practice and Inequalities


  • Résumé

    France is characterized by a good overall health status and high social inequalities in the health sector. The renewed interest in health inequalities is the opportunity to question a unique definition focused on results at the expense of processes, in a country where policies on tackling inequalities are based on the health care system. General practice has a particular position in this system, as a new academic speciality, which still needs to figure out how to define itself. It is described simultaneously as a heath care system gatekeeper, a public health officer or an advocate for inter-individual relationship and holistic care. While medicine is based on scientific evidence, it is also a prudential profession as it considers singular situations, generating uncertainty in practice. Among singular sources, social characteristics of both patients and doctors have to be considered. However, in their practice, physicians experience a diversity of social. Sometimes a barrier to the professional activity and considered external to the medical world, sometimes considered as part of scientific evidences by epidemiology, it could also be considered as a component of the individual construction of the patient on which the physician can rely, with the potential to lead to a moralization of behaviours and identities. The physician's social characteristics are often omitted, as if doctors were neutral or mere representatives of science. It is however in the interaction between these two worlds that social determinants of health inequalities can be found, and it seems that a physician could only provide good care to patients sharing the same similarities.


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