Thèse soutenue

Les temps verbaux surcomposés en allemand et en français

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Auteur / Autrice : Norman Haß
Direction : Thierry GallèpeKarin Donhauser
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Linguistique
Date : Soutenance le 06/12/2014
Etablissement(s) : Bordeaux 3 en cotutelle avec Humboldt-Universität (Berlin)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Montaigne-Humanités (Pessac, Gironde ; 2007-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Cultures, Littératures, Arts, Représentations, Esthétiques (Pessac, Gironde)
Jury : Président / Présidente : Martine Dalmas
Examinateurs / Examinatrices : Thierry Gallèpe, Karin Donhauser, Carl Vetters, Hans-Werner Eroms
Rapporteurs / Rapporteuses : Carl Vetters, Hans-Werner Eroms
DOI : 10.70675/f033c69az8cd2z43a6zaebfza02a180d81c1

Résumé

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Le français et l’allemand connaissent des formes verbales rares que la linguistique appelle « formes surcomposées ». Dans les deux langues, elles se composent d’une forme de l’auxiliaire avoir (haben) ou être (sein), du participe passé (Partizip II) du verbe principal et du participe passé (Partizip II) du même auxiliaire. Il s’agit de constructions du type : Das hat er mir gesagt gehabt. Ce couteau a eu coupé. Pour les deux langues, la description de leur valeur sémantique pose beaucoup de problèmes. Pour le français, il a déjà été démontré que les formes en question pourraient prendre des fonctions qui dépassent les approches classiques aspecto-temporelles. On évoque notamment une fonction expressive. Pour l‘allemand nous avons essayé, en nous basant notamment sur des corpus d’allemand parlé, de déterminer des contextes dans lesquels se révèle le caractère expressif de ses formes. Il s’est avéré que la fonction expressive en français est probablement le résultat du contraste avec la forme composée simple et non-marquée tandis qu’en allemand cette expressivité émane plutôt de la possibilité du participe II de l’auxiliaire de se chevaucher en tant que troisième temps d’évaluation avec le participe II du verbe principal. Notre propre proposition pour l’analyse et l’interprétation des formes verbales surcomposées en allemand et en français considère que les formes surcomposées dans les deux langues disposent d’un auxiliaire qui est lui-même composé, c’est-à-dire d’un auxiliaire au parfait dans le cas d’un passé surcomposé /doppeltes Perfekt ou bien d’un auxiliaire au plus-que-parfait/Plusquamperfekt dans le cas d’un plus-que-parfait surcomposé /doppeltes Plusquamperfekt. De cette manière, ces formes se caractérisent par un troisième temps d’évaluation au passé. Comme nous l’avons montré, l‘allemand et le français disposent des procédés différents afin de positionner ce temps d’évaluation en fonction des possibilités offertes par chaque langue. Le concept du troisième temps d’évaluation est, selon nous, mieux capable d’expliquer les différentes utilisations des temps surcomposés que d’autres propositions existantes.