''Souviens-toi de ton futur ''. Les artistes rescapés des camps nazis et la réception de leurs oeuvres de témoignage et de mémoire en France après 1945
| Auteur / Autrice : | Julie Constant |
| Direction : | Dominique Jarrassé |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Histoire de l'art |
| Date : | Soutenance le 01/12/2014 |
| Etablissement(s) : | Bordeaux 3 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Montaigne-Humanités (Pessac, Gironde ; 2007-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre François-Georges Pariset (Pessac, Gironde) |
| Jury : | Président / Présidente : Claire Barbillon |
| Examinateurs / Examinatrices : Dominique Jarrassé, Évelyne Toussaint, Sarah Wilson, Annette Wieviorka | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Claire Barbillon, Évelyne Toussaint | |
| DOI : | 10.70675/7145cfa6zfadbz4f44zaeb0zb11df4f23cd3 |
Mots clés
Résumé
La thèse propose d’éclairer les trajectoires et les œuvres d’artistes survivants des camps nazis, français ou installés en France après la guerre, leur tentative de transmettre l’expérience de la déportation et du génocide ou au contraire leur volonté de fuir ces thématiques, les langages plastiques et l’iconographie empruntés, les déclencheurs mémoriels et les éventuelles mutations des choix de chacun pour témoigner, représenter, remémorer durant cinquante ans. Quelques rares artistes ont eu l’opportunité de créer in situ : nous étudions également les motivations, les conditions de création et les spécificités de ces dessins des camps. Après 1945, entre mémoire, révolte et résilience, les artistes de ce corpus, déportés pour faits de résistance ou au titre des persécutions et de la mise en œuvre de la solution finale, ont dû mener une lutte intérieure contre les douloureuses réminiscences des camps et parfois un combat militant pour diffuser leur message face aux offensives antisémites et négationnistes. La complexité de la transfiguration en termes plastiques du traumatisme a suscité doutes et réflexions : transmettre sans trahir, témoigner sans renoncer à l’art. Les peintres, sculpteurs et graveurs de ce corpus n’ont en en effet jamais cessé de se définir prioritairement comme des artistes : l’essence et la portée universelle de la création, ainsi que les références tutélaires de l’histoire de l’art ont épaulé les artistes dans ce processus cathartique. Si les cadavres, corps anonymes et suppliciés, peuplent l’univers visuel de l’après-guerre, les artistes rescapés convoquent les disparus et réinsufflent chair et individualité aux êtres aimés, figurés souffrants, combattants ou tendres, mais dignes et debout. Notre objet d’étude se concentre également sur les modalités et les formes évolutives de la rencontre entre ces œuvres liées à la mémoire de la déportation et la France, de l’après-guerre aux commémorations du cinquantième anniversaire de la libération des camps : la diffusion auprès du public français à l’occasion d’expositions individuelles, collectives ou de salons ; la communication autour de ces problématiques dans les catalogues, les cartons d’expositions et les publications ; la réception des œuvres à travers la presse, les acquisitions publiques et les décorations honorifiques, ainsi que l’accueil spécifique des associations de déportés et de la communauté juive avec notamment la création du premier Musée d’art juif français.