Thèse soutenue

L'implication des enfants et des jeunes gens dans la sorcellerie à travers les traités, les procès et les documents officiels : Navarre et Pays Basque espagnols, XVIe siècle et début du XVIIe siècle

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Clarisse Biegun
Direction : Ghislaine FournèsPaloma Bravo
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Études ibériques et ibéro-américaines
Date : Soutenance le 14/03/2014
Etablissement(s) : Bordeaux 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Montaigne-Humanités (Pessac, Gironde ; 2007-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : AMERIBER-Amérique latine, Pays ibériques (Pessac, Gironde)
Jury : Président / Présidente : Maria Ghazali
Examinateurs / Examinatrices : Ghislaine Fournès, Paloma Bravo, María del Pilar Rábade Obradó
Rapporteurs / Rapporteuses : Maria Ghazali, María del Pilar Rábade Obradó
DOI : 10.70675/80076e48z8e00z45acza70bz4bfdc42a44bc

Résumé

FR  |  
EN

Mon travail de doctorat porte sur l’implication des enfants et des jeunes gens dans les phénomènes de sorcellerie qui se sont déroulés au Pays Basque de la fin du XVe siècle au début du XVIIe siècle. Mon corpus d'analyse comporte des traités de l'époque, des minutes de procès inquisitoriaux, ainsi que des documents officiels provenant des autorités. A travers l'examen en archives des différentes pièces, j'ai cherché à savoir qui étaient ces enfants et ces jeunes gens, à connaître leur âge, leur condition sociale et leur profil psychologique. D'autres questions ont surgi au cours de ma recherche : combien y a-t-il eu d'enfants concernés en fonction des années et du contexte socio-économique ? Quelle a été la place des rêves et de l’imagination dans ces phénomènes de sorcellerie ? Quelles ont été les répercussions des procès sur l'ensemble de la société ? J'ai pu mettre au jour le rôle joué par ces enfants et ces jeunes gens dans la progression, la propagation, l’expression et la matérialisation des actes tenant à la sorcellerie. Dans un deuxième temps, je me suis intéressée plus particulièrement à un évènement majeur de cette histoire : la chasse aux sorcières de Zugarramurdi qui a conduit à l’autodafé de Logroño en 1610. Je tente grâce aux documents d’époque, qu’il s’agisse de procès, de traités, de documents officiels en tous genres, de faire surgir un profil type de ces enfants et de ces jeunes gens et de proposer des faits une interprétation globale. Mon hypothèse de départ est que certains ont revêtu un habit de victime, d’autres de bourreau, et certains des deux à la fois dans un jeu subtil. J’essaie également de déterminer quelle fut la réaction et la réponse des autorités, des élites et du peuple face à cette dynamique de peur du diable et de châtiment alimentée en grande partie par les enfants eux-mêmes. Enfin, je m’emploie à déterminer la spécificité de la Péninsule Ibérique en matière de sorcellerie et à montrer que l’autodafé de Logroño de 1610 a marqué une évolution décisive dans la prise en compte de ces phénomènes de sorcellerie — notamment à travers l'écriture de traités sur la question novateurs —, ce qui signale un changement des mentalités de l’époque.