Vivre ensemble mais séparés? : l'émergence et l'évolution des projets de fédération au Liban de 1975 à nos jours
| Auteur / Autrice : | André Georges Sleiman |
| Direction : | Christian Décobert |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sociologie |
| Date : | Soutenance en 2013 |
| Etablissement(s) : | Paris, EHESS |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales |
Résumé
Née dans la guerre (1975-1990), née de la guerre, l'idéologie fédéraliste au Liban a présenté le fédéralisme comme un mécanisme idéal de gestion et de prévention des conflits intercommunautaires dans le contexte pluraliste libanais. Plus encore, pour les fédéralistes libanais, le fédéralisme se pose comme la seule alternative démocratique viable à l'état libanais unitaire, jugé défaillant, et à la sécession. Panacée ou boîte de pandore, le fédéralisme nous apparaît être une réponse originale au défi du vivre ensemble islamo chrétien au Liban. En effet, loin de constituer une étude de faisabilité préoccupée par l'applicabilité ou non d'un tel système de gouvernement au Liban, le but de la présente thèse est d'apporter une autre perspective sur les relations entre le principe fédéral et le conflit intercommunautaire à travers une double critique: la première décortique le concept d'identité ethnique à travers un passage au crible des discours sur le communautarisme, le nationalisme et le pluralisme; la seconde examine la problématique, hautement moderne, de l'égalité entre les individus citoyens à travers une analyse du discours fédéraliste sur la dhimma. Cette réflexion théorique a nécessité une reconstruction socio-historique circonstanciée exposant la manière dont cette idéologie s'est propagée et a évolué, sur la manière dont elle a été discutée, appropriée, récupérée ou rejetée. Le contexte politique et militaire de ces revendications a fait l'objet d'une attention particulière, ainsi que le profil des acteurs qui les ont élaborées, adoptées et mises en pratique - personnages à l'action decisive que nous appelons ''entrepreneurs de l'ethnicité''