Abraham dans l’exégèse de Philon d’Alexandrie : enjeux herméneutiques de la démarche allégorique
| Auteur / Autrice : | Jérôme Moreau |
| Direction : | Olivier Munnich |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Langues, histoire et civilisations des mondes anciens |
| Date : | Soutenance le 14/12/2010 |
| Etablissement(s) : | Lyon 2 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences sociales (Lyon ; 2007-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Histoire et Sources des Mondes Antiques (Lyon ; 2003-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Jean Schneider |
| Examinateurs / Examinatrices : Francesca Calabi, Marie-Odile Boulnois | |
| DOI : | 10.70675/c1150a90zaf28z4828zaee0z3ae18919f911 |
Mots clés
Résumé
La notion d’allégorie représente un enjeu majeur de l’exégèse juive alexandrine dont Philon est le représentant le plus éminent. L’étude de trois de ses traités, présentant respectivement les trois grands types d’exégèse présents dans son œuvre, nous a permis de préciser, autour de la figure d’Abraham, la manière dont Philon utilise concrètement la notion d’allégorie et les enjeux herméneutiques qu’elle recouvre. Dans le De Abrahamo, la distinction entre sens littéral et sens allégorique recoupe pour l’essentiel la distinction entre réalités sensibles et réalités intelligibles, mais quelques éléments, notamment la référence à Dieu, perturbent la régularité de ce cadre. Dans la section des Quaestiones que nous avons analysée, Philon parvient, en focalisant son exégèse sur l’intellect d’Abraham, à inscrire les réalités intelligibles dans le sens littéral. Enfin, dans le De migratione Abrahami, le sens littéral et les réalités sensibles tendent à s’effacer devant une exégèse qui envisage de façon directe les réalités intelligibles. Surtout, Philon crée un langage exégétique qui associe étroitement langage de l’Écriture et langage de la philosophie pour envisager, à travers plusieurs figures scripturaires qu’il réunit dans un même mouvement, la migration de l’intellect vers Dieu. L’herméneutique philonienne apparaît focalisée en dernière analyse sur la vie de l’intellect : en lui s’articulent, dans un langage nouveau, la Loi de Moïse et la loi de nature, révélations d’un même Créateur, mais dans une lecture qui fait de la loi de la nature le modèle de l’Écriture, et de la philosophie celui de l’exégèse. L’innovation exégétique de Philon est aussi sa principale limite.