La morphosyntaxe chez les syndromes de Williams francophones : le cas du genre grammatical
| Auteur / Autrice : | Laure Ibernon |
| Direction : | Manuel Jiménez |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Psychologie |
| Date : | Soutenance en 2009 |
| Etablissement(s) : | Montpellier 3 |
Résumé
Le présent travail réexamine la compétence linguistique de participants syndromes de Williams (SW) francophones, comparés à des participants appariés sur l’âge mental (N-AM) et l’âge chronologique (N-AC), en ce qui concerne les phénomènes de l'accord et de l’attribution dans le cas du genre grammatical. Nous présentons les résultats, dans une étude en production, de 24 SW de 15 ans. Nous montrons que, s’agissant de l’attribution, les SW utilisent la même stratégie que les contrôles : ils optent par défaut pour une attribution au masculin, ce défaut étant blocable par le caractère plus ou moins exceptionnel de certains suffixes féminins. Dans le cas de l’accord, nous montrons que les SW ont de faibles performances mais que ces résultats ne permettent pas de considérer que leurs compétences morphosyntaxiques seraient déficitaires. Nous présentons ensuite, dans une étude en compréhension, les résultats de 38 SW subdivisés en 2 groupes d’âge. Les SW de 11 ans ont des performances largement supérieures à celles des N-AM et comparables à celles des N-AC. A l’inverse, les résultats des SW de 17 ans sont significativement inférieurs à ceux des N-AC mais également inférieurs à ceux des N-AM. Nous concluons que le niveau de performance des SW de 11 ans montre que leur compétence en matière d’accord et d’attribution est intacte et exclue que celui des SW de 17 ans puisse être dû à une compétence linguistique déficitaire. Nous avançons que les résultats présentés dans nos études en production et en compréhension démontrent, de façon provisoire du moins, que la compétence linguistique des SW francophones est intacte dans le cas du genre grammatical.