Thèse de doctorat en Écoéthologie
Sous la direction de Marie-Lazarine Poulle.
Soutenue en 2007
à Reims .
L’hybridation avec le Chat domestique constitue une menace pour le Chat forestier d’Europe. Cependant, le contexte de cette hybridation et le rôle joué par les hybrides eux-mêmes sont peu connus. Nous avons étudié simultanément l’éco-éthologie des chats forestiers, des chats domestiques et de leurs hybrides à partir de l’analyse des lieux de collecte de 73 chats de morphotype forestier, et, en radio-pistant 22 individus équipés d’émetteurs dans les Ardennes. Le génotype de tous les chats collectés et radio-pistés a été déterminé. En France, la distribution des chats forestiers et des hybrides sont similaires. En revanche, si la présence de chats forestiers semble associée à celle du couvert forestier, celle des hybrides n'apparaît pas liée à un type d’habitat en particulier. De plus, l'analyse de 65 contenus stomacaux indique que les hybrides, comme les chats forestiers, consomment majoritairement des rongeurs, mais également des denrées d’origine anthropique, comme le font les chats domestiques. Par ailleurs, les hybrides ressemblent beaucoup aux chats forestiers pour ce qui est du mode d'utilisation de l'espace et de la sélection de l'habitat, tandis que les chats domestiques ont des domaines vitaux plus petits, centrés sur les fermes. Les rythmes d'activités des trois types de chats ne diffèrent pas, mais leurs patrons d'utilisation de l'espace sont très peu concordants. L’hybridation pourrait donc survenir essentiellement lors d’excursions ponctuelles. Comme les hybrides semblent, sur les plans écologique et éthologique, très proches des chats forestiers mais plus flexibles qu’eux, leur rôle potentiel dans la conservation du Chat forestier est discuté
Eco-ethological approach of hybridisation between the European wildcat (Felis silvestris silvestris Schreber 1777) and the domestic cat (Felis catus L. )
Hybridisation with the domestic cat is one of the main threats to the European wildcat. However, the context in which hybridisation occurs and the role played by the hybrids themselves are not much known. We studied simultaneously the eco-ethology of European wildcats, domestic cats and their hybrids from the analysis of the places of collection of 73 cats with wildcat phenotype, and by radio-tracking 22 individuals equipped with radio-collars in the Ardennes region. The genotype of all the cats collected and radio-tracked was determined. In France, the distribution of wildcats and hybrids were similar. On the other hand, if the wildcats’ presence seemed to be linked to forest cover, the one of hybrids was not linked to a specific type of habitat. Moreover, the analysis of 65 stomach contents indicated that hybrids eat, mainly rodents, as wildcats, but also human-linked food, as domestic cats. Besides, hybrids resembled wildcats concerning spatial use and habitat selection whereas domestic cats havd smaller home ranges centred on farms. The activity rhythms of the three types of cats did not differ but concordance in space use was low. Thus, hybridization should occur essentially during punctual excursions. As hybrids seem, from an ecological and a behavioural point of view, to be close to wildcats but to be more flexible than them, their potential role in the conservation of the European wildcat is discussed