Thèse soutenue

Un nouveau paradigme en santé publique : droits individuels et VIH/sida, 25 ans d'action publique en France

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Auteur / Autrice : Mélanie Heard
Direction : Bernard Manin
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Science politique. Pensée politique
Date : Soutenance en 2007
Etablissement(s) : Paris, Institut d'études politiques

Mots clés

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Résumé

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La politique de lutte contre le VIH/sida en France n’a pas eu recours aux stratégies traditionnelles de la santé publique en situation d’épidémie. Contrairement à l’arbitrage classique des autorités face aux épidémies, la politique de lutte contre le VIH s’est d’emblée caractérisée par l’absence inédite de limitation des droits individuels au nom du bien commun. L’originalité de la politique de lutte contre le sida ainsi décrite a pu être interprétée soit comme une exception temporaire par rapport au paradigme classique d’action publique face à une épidémie, exception liée à des facteurs contextuels et contingents, soit comme un changement structurel de paradigme en santé publique. Ces deux interprétations consacrées par la littérature internationale font l’objet d’une discussion à partir de leur application au cas français. L’objet de la thèse est de montrer que les choix libéraux effectués en France dépendent en réalité d’un raisonnement conséquentialiste inédit, selon lequel la limitation des libertés individuelles serait contre-productive pour la santé publique, et, réciproquement, la défense de ces libertés serait bénéfique pour la promotion du bien commun. La thèse propose une généalogie de ce paradigme, puis établit son impact effectif sur les décisions prises en France. Sans être strictement déduit de données de qualité scientifique, le raisonnement qui postule une synergie entre droits et individuels et santé publique ne dépend pas non plus d’un choix de valeurs. Les fondements et les implications empiriques et philosophiques de sa plausibilité font d’une discussion.