Théorie des rapports de dépendance personnelle en Mélanésie : approche comparative
| Auteur / Autrice : | Valérie Lécrivain |
| Direction : | Alain Testart |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Ethnologie et anthropologie sociale |
| Date : | Soutenance en 2002 |
| Etablissement(s) : | Paris, EHESS |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Contrairement à ce qui a été dit si longtemps, en Mélanésie les transactions des grands cycles cérémoniels et, très généralement, l'union matrimoniale relèvent de l'échange et du don. L'anthropologie depuis Mauss a eu tendance à surestimer l'importance du don dans les sociétés traditionnelles. Dans la vision qu'elle en a, finalement très proche de l'utopie des ''bons sauvages'', les biens matériels mis en jeu dans ces sociétés ne seraient d'aucune utilité pratique et ne serviraient que dans des manifestations de prestige. Nous verrons qu'en Mélanésie, la plupart des transferts de richesses sont de l'ordre de l'échange et non du don et du contre-don. Des paiements tout à fait obligatoires et contraignants s'observent également. Parmi tous ces paiements, nous mentionnerons au moins un auquel tout homme doit faire face : le paiement de son mariage. Il résulte que dans ces sociétés structurées sur la richesse, on constate un endettement des plus démunis et une dépendance de certains. On notera que parmi les figures de la dépendance, l'esclavage est très peu présent et c'est pourquoi nous ne l'analyserons que très brièvement. L'analyse d'une autre figure souvent rencontrée en Mélanésie, les relations de partenaires d'échange, sera effectuée dans le même but de cerner au mieux la dépendance : ces dernières relations sont des liens personnels et non, du moins à l'origine, un rapport de dépendance. Entre ces deux formes extrêmes d'un bout à l'autre de l'échelle des statuts, l'esclavage et les liens d'amitié, se dégageront quelques formes de dépendance en Mélanésie qui ne sont pas sans évoquer la clientèle antique.