Pratiques symboliques et savoirs techniques : pour une construction de la nature chez les Indiens Montagnais

par Anne-Valérie Desprez

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Claude Rivals.

Soutenue en 2001

à Toulouse 2 .


  • Résumé

    Les animaux, appréhendés dans leur milieu, conduisent les hommes à penser leurs rapports avec la nature au travers des comportements, moeurs et attitudes de ces animaux, renvoyant ainsi leur perception et leur sens de l'esthétique, à des valorisations d'ordre éthique et à des fascinations d'ordre imaginaire. Ce type de pensée et l'organisation sociale qui en découle, caractérisent la vie des Indiens Montagnais du Québec. Une coexistence de longue date a tissé des liens entre eux et la nature, permettant à ces hommes, par la systématisation de données sensibles, de constituer un groupe dans sa tradition et sa mémoire. L'évolution des représentations du rapport à la nature chez les Montagnais est présentée selon deux directions. La première aborde la relation homme-nature d'un point de vue symbolique, à partir de dires, de pratiques et de rituels liés aux actes de chasse et de pêche. Elle tente d'expliquer comment s'est structurée la pensée amérindienne dans le contexte historique d'une société nomade autarcique, et comment elle a évolué sous le poids de la colonisation, de la christianisation et enfin, de la sédentarisation. La seconde direction envisage l'étude des représentations de la nature d'un point de vue écologique, soulignant ainsi la mise en place de rapports vitaux. En effet, les Montagnais, de par leur isolemant géographique et la nature ± hostile α de leur environnement, ont eu de tout temps à gérer leurs rapports à la faune et à la flore, éléments primordiaux, garants de leur survie. Aujourd'hui, à l'heure du tourisme ± exotique α et du grand retour de l'écologie, la relation entre l'homme et la nature fait appel à des sentiments différents, allant d'une exploitation sans bornes des réserves fauniques, à la défence armée d'autres territoires. Malgré l'affirmation d'une forte identité autochtone, et cela depuis le début des années soixante-dix, l'image que se font les occidentaux des sociétés amérindiennes n'évolue guère, se résumant le plus souvent à deux points de vue contrastés opposant la tradition à la transition, l'immobilité au mouvement. Cette recherche se donne donc pour double objectif la tentative explicative des systèmes de représentation de la nature propres aux Indiens Montagnais, sa sociogénèse, et la tentative de compréhension d'une évolution des mentalités, tiraillée entre présent et passé.

  • Titre traduit

    Symbolic practices and techniques know-how : for a nature's construction in montagnais indian's life


  • Résumé

    Animals, apprehended in their environment, lead the men to consider their relationship with Nature through behaviors, manners and attitudes of these animals, thus returning their perception and their sense of esthetics, to valorizations of an ethical nature and fascinations of an imaginary nature. This type of thought and the social organization which results from this, characterizes the life of the Montagnais Indians of Quebec. A coexistence of long date wove links between them and nature, allowing these men, by the systematization of prehensible data, to set up a group in its tradition and its memory. The evolution of the representations of the report/ratio between Nature and Montagnais is presented according to two directions. The first one approaches the relation man-nature from a symbolic system point of view, starting from statements, practices and rituals related to the acts of hunting and fishing. It tries to explain how was structured the Indian thought in the historical context of a nomad autarkical society, and how it evolved/moved under the weight of colonization, of christianization and finally, of sedentarisation. The second direction considers the study of the representations of the Nature from an ecological point of view, thus underlining the installation of vital relationships. Indeed, Montagnais, from their geographical insulation and the ± hostile α nature of their environment, had from early days, to manage their relation with fauna and flora, the main elements, guarantors of their survival. Today, at the time of an ± exotic α tourism and the great return of ecology, the relation between the man and Nature call upon different feelings, from a systematic exploitation without any limit of the faunal reserves, to a frienzed defense with other territories. In spite of the assertion of a strong indigenous identity, and that since the beginning of the Seventies, the image that are made the Westerners of the Indian society hardly evolves/moves, being generally summarized from two contrasted points of view opposing the tradition to the tansition, the immobility with the movement. This search aims to put into relief the attempt of the explanation of the systems of representation of Nature, specific to the Montagnais Indians, his sociogenesis, and the attempt at comprehension of the evolution of mentalities, divided between present and past.

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  • Détails : 3 Vol. (672 f.)
  • Notes : Reproduction de la thèse non autorisée
  • Annexes : Bibliogr. f. 512-548. Index. Résumés en anglais et en français

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