Les filles des folies : ethnologie d'un music-hall parisien : usages du corps dans un espace de prodigalités
| Auteur / Autrice : | Francine Fourmaux |
| Direction : | Georges Augustins |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Ethnologie |
| Date : | Soutenance en 2001 |
| Etablissement(s) : | Paris 10 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Cette thèse, fondée sur l'ethnographie dans les années 1990 des Folies-Bergère, music-hall parisien présentant alors des revues, porte sur les interactions entre un espace, un temps, une population et des productions idéologiques et interroge ponctuellement d'autres spectacles, sports et pratiques festives. La première partie examine l'inscription des music-halls dans la mémoire et l'espace urbains, les pratiques des spectateurs (commensalité, dépense), et les spectacles (hétérogénéité, illusion et magnificence, participation du public). Les music-halls sont un élément constitutif des zones urbaines d'activités nocturnes, ainsi que d'un ''patrimoine'' des habitants, mais aussi des touristes provinciaux et étrangers, relevant des arts mineurs et populaires. La deuxième partie explore les usages du corps et la condition sociale des danseuses de revue. La formation précoce, en danse classique, aboutit à un modelage du corps. L'intégration au corps de ballet, déterminée par un facteur physique, la taille, s'opère ''par défaut'' (échec ou abandon). Composé de postes de travail différenciés et à prestige variable, le corps de ballet est encadré par une structure autoritaire, hiérarchisée et masculine. La vie quotidienne de la danseuse, partagée entre diverses activités (contrats extérieurs, formation continue), est marquée par le renouvellement et la routine (exercices physiques répétés, reproduction quotidienne des ballets). La mise en scène du corps (échauffement, maquillage, parure), produit une métamorphose sophistiquée et somptuaire. Elle produit également une réification et une démultiplication des corps, éléments d'un ensemble ordonné constitué par la profusion de matières, de lumière, de sons et d'objets. La troisième partie concerne les productions symboliques et idéologiques. Telle un ''patchwork'' mêlant érotisme, exotisme, passéisme, chauvinisme et cosmopolitisme, la revue en tant que spectacle et pratique, est transversalement marquée par la prodigalité.