Thèse soutenue

Des femmes et des désirs : analyse de la visée des personnages féminins dans le théâtre de Claudel: Violaine, Sygne, Lumîr, Pensée, Prouhèze

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Auteur / Autrice : Sabine Bauer
Direction : Jean-Yves Pouilloux
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences des textes et des documents
Date : Soutenance en 2001
Etablissement(s) : Paris 7

Mots clés

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Résumé

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Le théâtre de Paul Claudel réserve de grandes surprises à tout chercheur et lecteur. A rebours d'une interprétation critique qui voit dans l'œuvre de Claudel l'expression d'un catholicisme sans failles, le théâtre de Claudel met en scène des fictions qui, ainsi que le dit Jacques Lacan '' crèvent la toile ''. Les personnages féminins :Violaine (L'annonce faite à Marie et les deux versions de La jeune fille Violaine), Sygne, Lumîr et Pensée (la Trilogie : L'Otage, Le Pain dur, La Père humilié), Prouhèze (le soulier de satin) sont mus par un désir qui les porte vers un absolu antinomique de l'agapè chrétienne. Nerf de chacune de ces pièces, le désir des personnages féminins les conduit à des choix qui se profilent sur un horizon de destruction et de mort. La perspective de la psychanalyse lacanienne sous-tend l'analyse détaillée de fragments de scènes qui permettent d'éclairer en quoi le désir des personnages féminins structure chaque oeuvre. Ce travail se déroule en trois temps et étudie : * la question du mariage pour Sygne et pour Prouhèze qui épousent de leur plein gré non pas '' l'amant '' (George de Coûfontaine, Rodrigue) mais celui qui les sollicite violemment (Turelure, Camille) ; * la visée énigmatique de Sygne qui la porte à une destruction radicale et les conséquences de cette tragédie sur les générations suivantes : la plongée dans un scénario sordide, un drame de '' carnaval '' dont Lumîr, pourtant instigatrice du meurtre du Père, est le seul personnage du Pain dur à aspirer à un idéal de l'amour qui l'entraîne finalement vers la mort. Du désastre surgit l'aveugle Pensée qui incarne le désir et la beauté ; * le personnage de Violaine dont le désir met en scène la destruction de soi à travers la jouissance que figure la lèpre, mais aussi sa violence envers les autres personnages. Le désir des personnages féminins étroitement corrélé à la figure du Père met en scène son vacillement ainsi que celui de sa métonymie : Dieu.