Basses oeuvres : ethnologie d'un réseau technique urbain : les égouts de Montpellier
| Auteur / Autrice : | Agnès Jeanjean |
| Direction : | Jean-Pierre Warnier |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Ethnologie |
| Date : | Soutenance en 1998 |
| Etablissement(s) : | Paris 5 |
Mots clés
Résumé
Des substances produites par les corps, résultant d'un phénomène biologique humain sont enfouies sous terre, refoulées. Sur la base de cette mise à l'ecart, équivalant à une mise au secret, repose en partie l'ordre social et la vie en société. Les egouts se situent à un point d'articulation entre les corps biologiques et le corps social, entre les individus et la société. Dans un premier temps nous prêtons attention aux réponses collectives voire institutionnelles apportées à la présence inéluctable et toujours renouvelée de substances abjectes. A travers l'étude des techniques et de leur évolution, à travers la prise en considération de la valeur accordée aux boues urbaines au fil des époques, à travers l'observation des articulations entre domaines privés et publics dont les égouts constituent une expression concrète, nous nous intéressons aux excrétions en tant que substances politiques. Dans un deuxième temps, par l'observation dans leur travail de tous les salaries qui interviennent à Montpellier dans le domaine des eaux usées (quel que soit leur statut hiérarchique), il s'agit de comprendre comment les hommes qui touchent et pensent des substances que nul autre ne touche ni ne pense, vivent cette situation. Quelles sont les réponses qu'ils élaborent face aux immondices qu'ils côtoient ? Toutes ces observations nous permettent, en établissant des connexions entre les actes techniques, economiques, sociaux, esthétiques, magiques, politiques de saisir dans un troisième temps, quelques mecanismes d'organisation des relations sociales faisant intervenir, au sens propre comme au sens figure, les excrétions corporelles, leur opacité, les craintes, les hontes qu'elles inspirent.