Thèse soutenue

Argos, l'Argeia et le Péloponnèse à l'époque géométrique (IXe-VIIIe siècles av. J. -C. )

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Isabelle Ratinaud Lachkar
Direction : André Laronde
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Art et archéologie
Date : Soutenance en 1997
Etablissement(s) : Paris 4

Mots clés

FR

Résumé

FR  |  
EN

Construit sur des arguments littéraires tardifs, le mythe d'un empire argien ne résiste pas à l'analyse. L'étude de la mythologie et de l'histoire argiennes traditionnelles montre que ce mirage est déjà en place à l'époque classique. Il convient donc de revenir aux sources archéologiques pour mener cette étude. Les 15 sites concernés ont fait l'objet d'une véritable reconstruction à partir des vestiges disponibles. Il est possible alors de raisonner. Proposer une estimation de la population de la plaine, site par site, une évolution de sa répartition et une reconstitution de son état sanitaire permet de parler de colonisation intérieure de la plaine au gr. Au milieu du VIIIe s. , le site d’Argos domine déjà très nettement l'Argeia. C'est en effet sur ce seul site que des traces sont laissées par une riche aristocratie dont le mode de vie est décrit. Même s'il est impossible de donner une forme précise aux liens qu'elle a tissés, l'aristocratie argienne, enrichie par l'élevage des chevaux et utilisant l'Héraion, sanctuaire de toute la plaine culturellement unifiée, pour affirmer son pouvoir, domine politiquement l'Argeia. On ne peut faire entrer le culte des tombes mycéniennes et la destruction d'Asine dans ce schéma. L'un et l'autre appartiennent à des logiques qui ne sont pas celles de l'aristocratie argienne. Mais la puissance de cette aristocratie ne se limite pas à la plaine. Elle trouve également son affirmation dans les trépieds et statuettes de bronze argiens, trouves en abondance à Olympie. Tous cependant ne peuvent être des offrandes argiennes. Ces objets magnifient surtout l'habileté des bronziers d’Argos. Car la plaine argienne à l'époque géométrique se caractérise également par son repliement sur soi : à l'exception d'excursions le long de la côte est du Péloponnèse pour son minerai de fer et de la Thyréatide (?), les argiens, forts de leur culture et de leur passé, se ferment aux influences extérieures et notamment aux nouveautés venues de l'orient.