Les instruments dans la coordination de l'action : pratique technique, métrologie, instrument scientifique
| Auteur / Autrice : | Alexandre Mallard |
| Direction : | Bruno Latour |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sociologie |
| Date : | Soutenance en 1996 |
| Etablissement(s) : | Paris, ENMP |
Mots clés
Résumé
Les instruments sous toutes leurs formes (instruments de mesure, dispositifs optiques, outils techniques usuels. . . ) participent à la définition et à la coordination des pratiques. L'objet de la thèse est de mettre en relation trois aspects associés à la coordination par les instruments : les pratiques d'utilisation, les formes d'action qui y sont associées et les réseaux technico-économiques dans lesquels ils circulent. L'interrogation se situe au croisement de plusieurs disciplines des sciences sociales : sociologie des sciences, sciences cognitives, pragmatique des régimes d'ajustement, psychologie, ethnologie des techniques, sociologie de l'innovation. La première partie de la thèse étudie différentes modalités de la coordination correspondant à des instruments de forme différente. Elle s'appuie sur une étude realisee dans le secteur de la réparation automobile, qui articule deux enquêtes complémentaires : une ethnographie des pratiques techniques au garage met en évidence les diverses formes de compétence impliquées dans l'utilisation des instrument (perception, rôle du corps dans l'action, cognition, compétences sociales, savoir-faire …). Une analyse des réseaux industriels de la réparation automobile montre que les instruments participent à la coordination technico-économique dans ces réseaux. La seconde partie est consacrée à l’étude des instruments de mesure. Elle montre que la métrologie constitue une modalité de coordination des pratiques d’évaluation et de contrôle. Deux terrains empiriques sont examinés : l'analyse extensive des dispositifs de métrologie légale et de normalisation d'un instrument de mesure de la pollution automobile, le suivi d'un instrument scientifique de mesure de la pollution atmosphérique, depuis sa conception dans un centre de recherche jusqu’à ses applications pratiques chez l'utilisateur final. Ce dernier cas comporte l'analyse des processus suivants : pratiques de construction et de mise au point, évaluation de prototype en laboratoire de métrologie, construction d'un réseau commercial permettant de diffuser l'appareil, inter-comparaison de plusieurs instruments mesurant les mêmes propriétés physiques.