La genese et la trace

par Paola Marrati-Guénoun

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Philippe Lacoue-Labarthe.

Soutenue en 1995

à l'Université Marc Bloch (Strasbourg) .

    mots clés mots clés


  • Résumé

    L'enjeu de ce travail est de suivre un noyau problematique qui traverse l'ensemble de la pensee de derrida en prenant comme fil conducteur d'un cote l'interpretation que derrida propose de husserl et de l'autre sa confrontation avec heidegger. Derrida voit l'interet de la demarche husserlienne dans la question que ce dernier pose d'une genese du transcendantal. Si le projet husserlien de porter a la lumiere une genese purement phenomenologique du transcendantal est voue, selon derrida, a l'echec, cet echec fait signe vers une contamination irreductible de l'empirique et du transcendantal, qui constitue, aux yeux de derrida, cela meme qui est a penser. Contamination qui n'est pas une structure formelle et vide, mais qui a la forme d'une double fidelite. Fidelite au transcendantal, en tant que possibilite pour un sens de se frayer un chemin a travers le temps et le monde, sans le vouer a la disparition pure dans l'evenement de son surgissement. Fidelite a l'empirique, si par empirique on entend le non d'une singularite irreductible, contingente et radicalement effacable, sans garantie aucune d'eternite. La contamination de l'empirique et du transcendantal est la possibilite pour quelque chose d'avoir lieu, sans que la loi de sa possibilite soit toujours deja ecrite ailleurs, elle indique que, dans ce qui a lieu, il y a plus et autre chose que sa possibilite. La notion de trace, dans son lien a celle d'ecriture, devient le paradigme de cette contamination. La pensee deridante de la trace, ainsi comprise, marque un ecart profond par rapport a la pensee de heidegger, qu'il s'agisse de la finitude de la temporalite originaire du dasein dans sein und zeit, ou de la finitude de l'histoire de l'etre dans les textes ulterieurs.

  • Titre traduit

    The genesis and the trace


  • Résumé

    The purpose of this work is to follow some very important questions which go through most of derrida's texts. In order to do that i've chosed to discuss derrida's interpretation of husserl's phenomenology on the one hand, and derrida's confrontation with heidegger on the other hand. Derrida's interest in husserl's thinking relies on the problem of the phenomenological genesis of the transcendental. According to derrida, such a phenomenological genesis is impossible, but this failure points out an irreducible contamination between the transcendental and the empirical which is not a formal structure, but the very issue of thinking. This contamination means a double fidelity : a fidelity to the transcendental meant as the possibility for a meaning to open up a way through time and world, without being bound to a sheer disappearing. A fidelity to the empirical meant as singularity, contingency, without any guarantee for eternity. The contamination of the empirical and the transcendental means that there is something else and something more in what happens than is pure possibility. The notions of trace and writing become the paradigm of this contamination. Derrida's thinking of trace is an alternative to the heideggerian thinking of being. It is a challenge to the very idea of the originary finitude of dasein's temporality and to the idea of a history of metaphysics grounded in an original sendig of being. Derrida questions the possibility of thinking man as dasein and the possibility of ontological difference itself.

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