Guides, porteurs et agences de trekking du Népal : étude géographique du tourisme himalayen et de sa dynamique socio-spatiale
| Auteur / Autrice : | Isabelle Sacareau |
| Direction : | Olivier Dollfus |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Géographie |
| Date : | Soutenance en 1994 |
| Etablissement(s) : | Paris 7 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Le Népal est devenu en moins de trente ans la principale destination du tourisme d'aventure. Les plus hautes montagnes de la terre y attirent des dizaines de milliers de randonneurs et d'alpinistes qui utilisent les services de près de 200 agences spécialisées dans l'organisation du trekking, pratiquement toutes localisées a Katmandou. Ce tourisme de montagne s'appuie sur un réseau dense de sentiers, sur la tradition de portage du pays, liée à la faiblesse des infrastructures de transport, et surtout sur la disponibilité d'une main-d’œuvre paysanne bon marche et pluriactive. Les montagnards népalais, qui migrent périodiquement afin d'équilibrer des exploitations agricoles précaires, s'emploient de plus en plus comme guides, porteurs ou cuisiniers. Le trekking, plus que les autres emplois saisonniers, apparait comme un puissant facteur de mobilité sociale et spatiale : il accélère l'exode rural et l'intégration des paysanneries himalayennes à l'économie de marche et aux valeurs citadines du monde moderne : de pluriactifs, les guides deviennent moinsactifs, ce qui se traduit par l'abandon de leur village et leur installation définitive en ville. Cette insertion dans les filières d'emploi du trekking favorise une certaine ascension sociale, mais introduit de nouvelles inégalités entre guides, porteurs et paysans demeures au village. L'économie du trekking bouleverse ainsi peu à peu la société traditionnelle, la culture et l’environnement dans les régions parcourues.