Le monstrueux dans les Chroniques de Jean Giono
| Auteur / Autrice : | Denis Labouret |
| Direction : | Michel Raimond |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Littérature française |
| Date : | Soutenance en 1992 |
| Etablissement(s) : | Paris 4 |
Résumé
La présence du monstrueux chez Giono se constate aux trois niveaux du monde naturel représenté,de l'humanité des personnages de la fiction,de l'écriture romanesque. La monstruosité du Tout cosmique était avant guerre primordiale,sous l'aspect ambivalent d'une effrayante étrangeté et d'une vie attirante ; elle s'efface dans les romans d'après guerre connus sous le nom de 'Chroniques' au profit d'un d'''un système de références'' centré sur la création artistique. Si la nature paraît encore monstrueuse,c'est avec la fonction d'un décor destiné à mettre en valeur la monstruosité des personnages,partagée entre la banale cruauté de la masse et les ''mondes'' que composent,comme autant de fragments d'une totalité perdue,des figures d'avares,d'ogres,de morts-vivants. C'est en raison de l'épreuve personnelle du désastre infligé à son rôle de prométhéen que le romancier manifeste de la sympathie pour ces monstruosités où se reflète son expérience de la différence. Confronté à la monstruosité du néant,il choisit de l'apprivoiser en jouant avec les formes de la narration,jusqu'à produire des compositions elles-mêmes monstrueuses.