Le cloitre, enjeu de représentations et de pouvoirs à l'époque moderne : l'exemple des carmélites françaises
| Auteur / Autrice : | Bernard Hours |
| Direction : | Jacques Le Brun |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences religieuses |
| Date : | Soutenance en 1991 |
| Etablissement(s) : | Paris, EPHE |
| Partenaire(s) de recherche : | Autre partenaire : École pratique des hautes études. Section des sciences religieuses (Paris) |
Mots clés
Résumé
La vocation religieuse à l'époque moderne fut largement fondée sur l'idée de mépris du monde. Ce thème avait fait son appariation dès les débuts du monachisme en Egypte. Pour cette raison, l'institution monastique semble avoir éprouvé une difficulté permanente à se situer de façon stable dans la société. Le monde, qu'elle rejette, développe à son sujet des représentations négatives qui, par le biais de la reforme luthérienne, puis des lumières, ont influencé jusqu'aux séculiers eux-mêmes. Le jeu de ces représentations conditionne le discours des religieux sur eux-mêmes. Il montre aussi que la notion de décadence, qui n'est pas vérifiée dans le cas du carmel féminin français par l'analyse du recrutement, doit être révisée, car elle concerne le milieu social porteur des vocations plutôt que les monastères eux-mêmes. Enfin, l'institution monastique se trouve engagée dans des stratégies triangulaires de pouvoir, par lesquelles elle se trouve tantôt alliée, tantôt opposée aux instances sociales ou à celles de l'état. Il apparait néanmoins que le pouvoir politique l'emporte toujours, alors que les stratégies monastiques se heurtent à des échecs répétés. Le mépris du monde n'a-t-il pas mené l'institution monastique à une contradiction insurmontable?