Des voix pour l'égalité. Modèles et contre-modèles d'autrices dramatiques aux tribunes de Paris (1789-1918)

par Julie Rossello-Rochet (Rossello)

Projet de thèse en Arts de la scène

Sous la direction de Jean-Loup Rivière.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de École doctorale Lettres, langues, linguistique, arts (Lyon) , en partenariat avec École normale supérieure de Lyon (établissement opérateur d'inscription) depuis le 01-10-2013 .


  • Résumé

    Le XIXème siècle a été en France le siècle de l’avènement républicain et celui de l’affirmation d’une démocratie libérale et laïque, appuyée sur deux piliers principaux : le suffrage universel masculin et l’affirmation des libertés rendant possible l’exercice de la vie politique au sein d’une démocratie. Ce régime politique exclut encore, à la fin du siècle, les populations nouvellement intégrées à l’Empire colonial et les femmes, alors « citoyennes passives » (Geneviève Fraisse). L’historien Jean-Claude Yon emploie le néologisme de « dramatocratie » pour expliquer la puissance d’influence du théâtre sur l’opinion à Paris, et plus généralement en France, de la Révolution française à la Première Guerre mondiale. Le théâtre au XIXème siècle, tant par les lois qui régissent sa pratique que par les mœurs qui organisent son rite social, se définit, à l’image de la démocratie française, comme une « dramatocratie » sexuée, d’où les femmes, en tant que créatrices, sont écartées. Pourtant leur absence dans l’histoire ne signifie pas qu’elles ne créèrent pas. Il y eu en effet des « autrices dramatiques » (Aurore Evain). La notion de modèle, (modello), empruntée à l’italien à l’époque de la Renaissance désigne une figure à reproduire, un exemple potentiellement destiné à être imité. Au moyen d’un corpus de textes de vingt-et-une autrices, cette thèse montre comment, de manière égale à leur usage de la presse, des femmes utilisèrent la scène de théâtre pour avancer dans des spectacles publics leurs modèles et contre-modèles politiques. À l’instar de la « dramatocratie », précieuse pour l’historien auquel elle « offre une opportunité exceptionnellement riche pour comprendre la société parisienne, et plus généralement française, du XIXème siècle », des pièces d’autrices jouées entre en 1789 et 1918, opèrent comme des révélateurs pour appréhender leurs voix.


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