Étude des pratiques d'écoutes musicales sur le lieu de travail. Ambiguïté entre musique choisie et musique subie.

par Charlène Feige

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Barbara Michel.

Thèses en préparation à Grenoble Alpes , dans le cadre de Sciences de l'homme, du Politique et du Territoire , en partenariat avec EMC² - LSG ( Emotion- Médiation-Culture-Connaisance / Laboratoire de sociologie de Grenoble) (laboratoire) depuis le 01-10-2006 .


  • Résumé

    Musiques numérisées, dispositifs d'écoute miniaturisés, la musique, sous toutes ses formes, a colonisé le quotidien : du radio-réveil au lecteur MP3, des parkings souterrains aux salles d'attentes en tous genres en passant par les magasins, des publicités télévisées aux hotlines des services après vente, la musique semble omniprésente. Elle s'écoute quasiment partout et même, bien souvent, au cours de la journée de travail. Mais en quoi les pratiques d'écoutes musicales sur les lieux de travail peuvent être révélatrices des manières de vivre son activité au quotidien ? Voilà, la problématique qui nous occupe. Pour questionner les quotidiens laborieux sous l'angle de l'écoute musicale, nous avons choisi d'ancrer cette recherche au cœur de deux types de lieux de travail qui proposent deux types d'écoutes musicales distinctes : un premier lieu, pour lequel l'écoute de la musique repose sur un libre choix et un second pour lequel la musique est imposée car intrinsèquement liée à l'activité du lieu. Nous sommes ainsi allés à la rencontre d'ouvrières travaillant à la chaîne dans une usine de montage de disjoncteurs électriques et de vendeuses qui évoluent au cœur de différentes multinationales du prêt-à-porter. C'est une recherche sur les femmes. Femmes qui choisissent d'écouter leur baladeur pendant qu'elles assemblent invariablement des fragments de disjoncteurs. Et femmes qui s'accommodent chaque jour d'une musique ininterrompue, crée pour « le confort des clients » . L'écoute de la musique s'intègre à une multitude d'autres rituels a-laborieux d'accoutumance ou de braconnage qui font que la journée finalement se passe. La musique transforme le rapport au travail, au temps, au corps, à autrui. Elle réintroduit du sens en même temps qu'elle semble dresser un filtre entre une réalité trop brute et la travailleuse. La musique écoutée sur le lieu de travail est alors racontée à la manière d'un « orgue d'humeur » permettant aux travailleuses de réaliser des ajustages émotionnels permanents. La musique offre la possibilité de jouer avec plus de facilité sur la capacité à s'extirper et s'absenter de la situation en cours. Savoir être là, sans être véritablement là, la musique semble être prise par les travailleuses comme un outil de façonnage de leur présence. Travail en miettes , pour plaisirs en miettes, les moments musique pendant le travail relèvent bien souvent de la survie quotidienne.

  • Titre traduit

    A study of musical listening practises at work place. Ambiguity between chosen music et imposed music.


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