Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, itinéraire d'un libéral

par Charles Perera

Projet de thèse en Science politique

Sous la direction de Hugues Portelli.


  • Résumé

    Très intelligent et cultivé, mais peu encombré de scrupules moraux, calculateur et obsédé par la maîtrise de son image, Talleyrand garda en diplomatie la figure impassible d’un grand seigneur pétri de raffinement héréditaire et l’empreinte de son éducation ecclésiastique. Toute sa vie, il sut s’adapter aux circonstances pour mieux les tourner à son avantage. En politique intérieure, il incarna en effet la légitimité, militant pour la réconciliation de la Révolution avec la France d’Ancien Régime. Partisan pragmatique d’un équilibre européen, il refusa d’appuyer la subversion européenne d’un Bonaparte qu’il considérait comme dangereusement mégalomane, trop conscient des menaces que ce dernier faisait peser sur la France. Cette araignée industrieuse, qui mettait un point d’honneur et d’élégance à mimer la paresse et la nonchalance, ne cessait d’ourdir des raffinements stratégiques et des complots de funambule. Sa passion la plus constante, l’occupation de toutes ses soirées, ce fut le whist. Au whist, il s’agit de deviner les cartes de son adversaire, mais aussi de son partenaire. Il ne s’agit pas d’anticiper, de voir loin comme aux échecs, il s’agit d’évaluer constamment les forces en présence, de garder son sang-froid, d’être impassible. Il a traversé tous les régimes et a réussi à prendre part quasi systématiquement à leur gouvernement: tant sous la République que sous l’Empire, ou encore sous la Restauration. Il a toujours revendiqué un positionnement libéral. On peut noter une continuité dans la vie de Talleyrand, en tant que serviteur de «la France».


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