"In the shadow of the Enligntenment, the Antebellum spiritual Hothouse" - Syncrétisme, scepticisme et sécularisation dans la littérature américaine antebellum : dialectique du clair-obscur dans les oeuvres et trajectoires personnelles de Brown, Hawthorne, Brownson, Lippard et Dickinson (1798-1861).

par Auréliane Narvaez

Projet de thèse en Etudes anglophones

Sous la direction de Nathalie Caron.

Thèses en préparation à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Civilisations, cultures, littératures et sociétés (Paris) depuis le 15-07-2013 .


  • Résumé

    Alors que la démocratisation de la société emporte une reconfiguration de la manière dont l’individu perçoit sa place dans la société, elle crée également les conditions d’une individualisation de la conscience qui tend à s’affranchir des structures de pensée héritées de la société coloniale. Or, démocratisation et individualisation ont également un impact sur le rapport des individus à la religion. L’émancipation politique a ainsi pour corollaire une émancipation spirituelle qui se traduit par un syncrétisme tout à fait singulier dont nous nous proposons d’explorer les modalités spécifiques au travers du traitement qu’en fait la fiction antebellum. Ainsi, plus spécifiquement, il s’agira ici de s’interroger sur le rôle de la littérature américaine dans le processus de sécularisation qui s’amorce au cours de la période antebellum, en étudiant les manières dont celle-ci met en scène, dans ce que nous nommerons une poétique du clair-obscur, l’éclectisme spirituel qui caractérise alors la jeune république américaine et les tensions sceptiques que suscite ce pluralisme.Notre travail a pour ambition d’articuler histoire et littérature, et, à ce titre, aura pour objet d’explorer de quelle manière les auteurs de fiction se font les témoins et les commentateurs critiques de leur propre culture dont ils dissèquent les paradoxes, les inquiétudes et les obsessions. Il convient notamment de cerner dans quelle mesure cette dialectique du syncrétisme et du scepticisme s’inscrit dans un contexte de construction nationale qui bouleverse la place de l’individu dans la société et redéfinit ses rapports intersubjectifs, ses aspirations personnelles, et ses croyances intimes. Aussi, dans ce contexte d’individualisation de la conscience et de multiplication des options spirituelles, les œuvres que nous nous proposons d’étudier témoignent d’une tension entre difficulté de croire et tentation de douter. En effet, le syncrétisme religieux qui traverse la société antebellum se fonde sur un rapport dynamique entre rationalisme hérité des Lumières et occultisme, et plus précisément entre scepticisme et mysticisme. Le mysticisme, qui propose l’introspection comme moyen d’atteindre le divin, et privilégie les émotions et l’expérience personnelle de Dieu plutôt que la réflexion semble être une stratégie de dépassement du doute. Le scepticisme rationnel, comme moyen d’éprouver la réalité des choses et d’accéder à la connaissance est le négatif du mysticisme, et postule au contraire une radicalité du doute qui condamne la mystification des vérités révélées. Or, c’est bel et bien l’oscillation, l’hésitation entre ces deux stratégies contradictoires de dépassement mystique ou rationnel du doute, que met en scène la littérature antebellum lorsqu’elle réfléchit le syncrétisme qui traverse la société et transcende la dichotomie entre religion et sécularité. Aussi, c’est sous l’angle d’une poétique du clair-obscur que nous nous proposons d’aborder les œuvres de Brockden Brown, Hawthorne, Melville, Brownson, Lippard et Dickinson en cela qu’elles participent du débat entre raison et mysticisme, science et occultisme, croyance et doute et nous semblent symptomatiques de la dynamique entre syncrétisme, scepticisme et sécularisation qui scande la période antebellum.


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