La création de valeurs par la RSE : le cas de Janssen France : une réflexion autour du potentiel de transformation de la RSE

par Nathalie Gimenes

Projet de thèse en Sciences de Gestion

Sous la direction de Marielle Audrey Payaud.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de École doctorale Sciences économiques et gestion (Lyon) depuis le 01-09-2013 .


  • Résumé

    Il est rare aujourd'hui de trouver une entreprise qui ne déploie aucun action RSE (Gond & Igalens, 2012). De nombreuses pratiques ou actions, même si elles ne sont pas toutes « labellisées RSE » (Gond & Igalens, 2012, p.123) se sont déployées progressivement sous des formes d’exercices diverses (Martinet & Payaud, 2008). L’histoire montre qu’elles évoluent dans le temps, tout comme les formes du pilotage social (Acquier, 2008) entre initiatives d’organisations (exemple : ISO 26000), de la réglementation et des stratégies délibérées des entreprises. Manager la RSE, pour une entreprise, passe par la nécessaire compréhension des différents enjeux socio-politiques externes et internes, demande des moyens et l’usage d’outils d’analyse pertinents pour un suivi, une écoute en continu, permettant à l’entreprise de s’adapter au contexte en permanence, voire mieux, y anticiper des trajectoires possibles. Le caractère, plus ou moins stratégique de la RSE, semble ainsi se construire au fil du temps (Acquier, 2008) en fonction des interpellations de l’environnement ou des décisions d’entreprise, expliquant la diversité des formes d’exercices de RSE. Tous les débats menés autour de la RSE sont marqués par l’importance de rendre stratégique la RSE, l’idée sous-jacente étant d’encourager les entreprises à intégrer les démarches RSE dans leur manière de faire des affaires. Ainsi, le business case de la RSE a fait l’objet de nombreux travaux économétriques afin de démontrer le lien entre performance sociale et performance économique (Carroll, 1979, 1991; Clarkson, 1995; Wood, 1991). Les résultats obtenus sont controversés et progressivement les expériences empiriques et travaux académiques démontrent le besoin pour une entreprise, désireuse de profiter de la croissance durable, de se transformer, de se réinventer, afin de réussir de manière pleine et entière, l’intégration des enjeux RSE au cœur de son modèle d’affaires. Il est ainsi apparu intéressant de « dépasser une perspective centrée sur la sélection de problématiques qui seraient plus ou moins stratégiques par nature » (Acquier, 2008, p.9), le défi semblant être davantage, aujourd’hui, dans le fait de manager la RSE dans le core business de l’entreprise, de manière transversale, permettant de créer de la valeur pour la société et l’entreprise, ce que Porter et Kramer (2011) propose d’opérationnaliser sous le concept de valeur partagée. Le sens même de la notion de valeur est revisité, « l’ambition ne doit donc pas être la recherche de nouvelles valeurs économiques et financières, mais la réappropriation de la notion même de valeur et de son sens au sein de l’entreprise » (Boudard, 2013, p.166). Dans ce travail de recherche, nous nous intéressons au processus de création de valeurs par la RSE. Le terme de valeurs est au pluriel car il s’agit ici de prendre en compte les valeurs du développement durable : sociale (incluant sociétale), environnementale et économique. Ces trois dimensions sont stratégiques pour les entreprises (Bergery et al., 2011). Nous nous intéressons à ce processus car il traduit, selon nous, le passage d’un management « de » la RSE, à savoir, la mise en œuvre de pratiques au travers de programmes RSE, à un management « par » la RSE (Delhaye, El Abboubi, & Xhauflair, 2006), plaçant la RSE au cœur du modèle d’affaires de l’entreprise. Le passage à un management « par » la RSE, place le souci de l’humain, de la société et de la planète dans le champ décisionnel des managers. La RSE implique l’introduction de nouveaux critères de décision relatifs au bien-être des salariés, au respect de l’environnement etc. La RSE est une manière de « réinvestir les valeurs universelles qui fondent la société » (Boudard, 2013, p.163). Dès lors, la RSE est un critère stratégique, source de dynamique d’un modèle d’affaires, pour contribuer à créer un ensemble de valeurs et les partager avec la société.

  • Titre traduit

    Values creation by CSR


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