Les chants pour enfants au Japon au début du 20ème siècle : de la réception à l'affirmation d'une identité musicale

par Clara Wartelle

Projet de thèse en Histoire, sociétés et civilisatons


Sous la direction de Michael Lucken.

Thèses en préparation à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Langues, littératures et sociétés du monde (Paris) , en partenariat avec Institut national des langues et civilisations orientales (Paris) (établissement de préparation) depuis le 01-09-2013 .


  • Résumé

    Pièces musicales abondamment composées au début du 20ème siècle au Japon, les chants pour enfants ont fait l'objet de réflexions croisées entre pédagogues, hommes de lettres et musiciens dans une période d'effervescence culturelle et de développement des médias de divertissement. Introduite très tôt dans le système scolaire, la pratique du chant présentait des intérêts aussi variés que ceux de renforcer l'esprit collectif, de faciliter la mémorisation des connaissances, de disposer d'un répertoire interprété lors des cérémonies publiques et des manifestations patriotiques, mais aussi d'attribuer une identité commune aux exécutants. La question de l'identité musicale japonaise a notamment préoccupé les intellectuels de l'ère Taishô qui, face à l'occidentalisation grandissante bouleversant la vie sociale des Japonais, voulurent exhumer les chansons autochtones afin de les exploiter dans l'élaboration d'un nouveau répertoire. Chacune des trois parties de cette thèse s'attache donc à décrire et analyser les comptines (warabe uta), les chants scolaires (shôka) puis les chants pour enfants (dôyô) qui constituent le répertoire de la chanson enfantine au Japon, afin de retracer les évolutions inhérentes à ces types de pièces vocales, décrire les interactions des différents courants musicaux, révéler les ruptures et les oppositions que l'on peut observer dans les discours des milieux artistiques et littéraires, et permettre ainsi une meilleure compréhension de la société de l'époque.


  • Résumé

    Children’s songs were a source of reflection between pedagogues, intellectuals, and musicians during a dynamic period of cultural revival and the development of media for entertainment. Introduced very early in the school system, singing practice was a source of various interests as much as an enforcement of a collective spirit or knowledge memorization. On the other hand, patriotic demonstrations during public ceremonies allowed the enforcement of national identity through singing. The Japanese musical identity raised several questions for intellectuals of the Taisho era. During that time, they were facing an acceleration of the phenomenal Westernization of Japanese society and wanted to use Japanese nursery rhymes in order to create a new repertoire. Each part of this thesis will describe and analyze nursery rhymes (warabe uta), school songs (shôka) and children songs (dôyô) that form the genre of ‘children songs’ in Japan. Through each item, I will retrace the evolution of those types of vocal pieces and describe the interactions between the repertoire of different musical eras. This will help to reveal the opposition that can be witnessed in the speech of the artistic and literary community at the time and allows a better understanding of the wider society of that period.